Examens biologiques et suivi à réaliser chez une victime d’accident d’exposition au sang

Des examens biologiques doivent être réalisés chez une victime d’accident d’exposition au sang. Dans certains cas, il sera nécessaire d’instaurer un traitement post exposition.

Suivi biologique à réaliser dans le contexte d’un accident du travail
Suivi biologique d’une personne exposée aux virus VIH, VHC, VHB

 

La circulaire interministérielle du 13 mars 2008 avait proposé un suivi biologique pour les personnes exposées aux virus VIH, VHC, VHB, le rapport YENI paru en 2010 a apporté des simplifications.

Suivi biologique à réaliser dans le contexte d’un accident du travail

Ce sont les infirmiers de bloc opératoire qui ont été le plus souvent victimes d’accidents d’exposition au sang, selon le rapport du CCLIN Sud-Est pour l’année 2010.

L’accident d’exposition au sang doit faire l’objet d’une déclaration d’accident du travail.

Pour le VIH

 La connaissance du statut sérologique du patient source est essentielle à la prise en charge ultérieure : la sérologie VIH de la personne source doit donc être réalisée en urgence.

  • Si le patient source est séronégatif pour le VIH :
    • inutile d’effectuer une surveillance
    • sauf en cas de risque de primo-infection chez la personne source.
  • Si le patient source est séropositif ou de statut inconnu pour le VIH:
    • en l’absence de traitement post-exposition, TPE,
      • une surveillance sérologique est réalisée jusqu’à la sixième semaine,
    • en cas de prescription d’un traitement post-exposition, TPE,
      • une surveillance sérologique est réalisée jusqu’au 4ème mois.

 

Actuellement un contrôle sérologique tardif reste indiqué au 3ème ou 4ème mois dans le contexte de la réglementation.

Le rapport YENI paru en 2010 a simplifié la surveillance qui était préconisée par l’arrêté du 1 août 2007.

Une sérologie doit être réalisée dans tous les cas avant le huitième jour qui a suivi l’accident:
test prévu par le chapître 16 du barème d’invalidité en matière d’accident du travail.

Arrêté du 1er août 2007 paru au JO n° 185 du 11 août 2007
«Le suivi sérologique des personnes victimes d’un accident du travail entraînant un risque de contamination par le virus de l’immunodéficience humaine comporte, outre le test prévu par le chapitre 16 du barème d’invalidité en matière d’accidents du travail susvisé, deux tests de dépistage du virus de l’immunodéficience humaine, pratiqués soit aux premier et troisième mois à compter de la date de l’accident lorsque la personne n’est pas mise sous un traitement prophylactique, soit aux deuxième et quatrième mois à compter de cette date si elle bénéficie d’un traitement.”

Les résultats des sérologies doivent être transmis, par la victime de l’accident du travail, au médecin conseil, sous pli confidentiel.

Quand le patient source est infecté par le VIH, il faut contacter son médecin traitant pour connaître :

  • le stade clinique et le nombre de CD4,
  • le résultat de la dernière charge virale VIH,
  • les traitements anti rétroviraux antérieurs et en cours, ainsi que leur efficacité virologique afin d’adapter le TPE.

Pour le VHC

  • Suivi effectué si le patient source est infecté par le VHC :
    diagnostic par recherche de l’ARN viral  du VHC par la technique PCR en cas d’anticorps anti-VHC positifs chez le patient source.
    (PCR = réaction en chaîne de la polymérase : les tests par PCR détectent la présence de l’ARN du VHC dans le sang).
    La mesure de la charge virale sert à déterminer la quantité de virus présente dans le sang : le seuil de positivité est supérieur à 20.
  • Suivi effectué également si le statut sérologique VHC est inconnu.

Le traitement post-exposition du VHC n’est pas indiqué.
Il faut dépister une éventuelle séroconversion qui serait une indication du traitement anti-VHC.

En cas de survenue d’hépatite C aigue chez la personne victime de l’AES :
instauration d’un traitement pas Interferon,
3 millions d’unités,
3 fois par semaine,
durant 3 mois.

Pour le VHB

En principe aucun suivi n’est nécessaire pour les personnels de santé, quel que soit le statut du malade source. En effet la plupart sont vaccinés contre l’hépatite B et répondeurs, avec un taux d’anticorps anti-HBs supérieur ou égal à 10 mUI/ml.

Pour les personnes non vaccinées et pour les personnes vaccinées mais non-répondeurs :

  • sérovaccination par 500 UI d’immunoglobulines anti-HBs et injection d’une dose de vaccin;
  • la vaccination sera ensuite complétée suivant le schéma vaccinal recommandé.

Suivi biologique d’une personne exposée aux virus VIH, VHC, VHB

Ce protocole est fourni par la Circulaire VIH du 13_mars_2008

Accident d’exposition au sang traité

  • J0 , le jour de l’accident d’exposition au sang :
    • NFS ( Numération formule sanguine)
    • ALAT Alanine amino transférase)
    • Créatinine et/ou amylase selon prescription
    • test sanguin de grossesse
    • sérologie VIH
    • sérologie VHC
    • Si victime vaccinée contre l’hépatite B sans taux d’anticorps anti-HBs connu , doser les AC anti-HBS
    • si victime non vaccinée contre l’hépatite B, dépistage par AgHBs et Ac anti-HBc.
  • J15 , au 15ème jour :
    • NFS
    • ALAT (
    • Créatinine et/ou amylase selon prescription
    • PCR VHC si la PCR est positive chez le sujet source
    • La PCR est la Polymérase chain reaction, réaction en chaîne par polymérase, qui permet d’amplifier de l’ADN in vitro.
  • J30 :
    • NFS
    • ALAT
    • sérologie VHC, si risque VHC.
  • M2, au deuxième mois :
    • sérologie VIH.
  • M3, au troisième mois :
    • pas de bilan biologique.
  • M4, au quatrième mois :
    • sérologie VIH
    • sérologie VHC et ALAT si risque VHC.
  • M6, au sixième mois :
    • sérologie VHC et ALAT si risque VHC
    • AC anti-HBc si victime non répondeur ou non vaccinée pour l’hépatite B.

Accident d’exposition au sang non traité

  • J0 :
    • Sérologie VIH
    • ALAT, sérologie VHC
    • si victime vaccinée contre l’hépatite B sans taux d’anticorps anti-HBs connu , doser les AC anti-HBS
    • si victime non vaccinée contre l’hépatite B, dépistage par AgHBs et Ac anti-HBc .
  • J15 :
    • PCR VHC si la PCR est positive chez le sujet source
    • ALAT.
  • J30 :
    • sérologie VIH
    • sérologie VHC et ALAT si risque VHC.
  • M2, au deuxième mois :
    • pas de bilan biologique.
  • M3, au troisième mois :
    • sérologie VIH
    • sérologie VHC et ALAT si risque VHC.
  • M4, au quatrième mois :
    • pas de bilan biologique.
  • M6, au sixième mois :
    • sérologie VHC et ALAT si risque VHC
    • si victime non vaccinée contre l’hépatite B ou non répondeur, Ac anti-HBc.

En cas d’apparition de symptômes évocateurs d’une primo-infection par le VIH,il est recommandé de faire pratiquer une sérologie VIH et une charge virale VIH, quelle que soit la date.



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