Examens biologiques et suivi à réaliser chez une victime d’accident d’exposition au sang

 Chez une victime d’accident d’exposition au sang, un suivi médical et sérologique doit être discuté en fonction du statut non seulement VIH mais aussi VHC, voire VHB de la personne source. Ce suivi permet le dépistage précoce d’une contamination en vue d’une prise en charge adaptée : traitement d’une primo-infection VIH ( traitement post exposition), d’une hépatite C.

Il faut se référer à l‘avis de 2017 du groupe d’experts pour le VIH pour le suivi biologique à mettre en place après accident d’exposition au sang.

Suivi biologique à réaliser dans le contexte d’un accident d’exposition au sang

J1-J7

  • Sérologie VIH
  • Sérologie VHC
  • Anti-HBs (si vacciné et titre Ac inconnu)
    ou Ag HBs, Anti-HBc et Anti-HBs (si non-vacciné)
  • ALAT
  • créatinine,
  • test de grossesse (si indication de TPE)

2ème semaine

  • ALAT,
  • Créatinine (si TPE et comorbidité ou crainte de iatrogénie)

6ème semaine

  • Sérologie VIH (si TPE ou en l’absence de TPE si sujet source de statut VIH inconnu ou
    VIH+ avec charge virale détectable)
  • ALAT et ARN VHC (si ARN VHC+ chez sujet source)

12ème semaine

  • Sérologie VIH
  • Sérologie VHC
  • Ag HBs, Anti-HBc et Anti-HBs (si absence d’immunité de la personne exposée et sujet
    source Ag HBs+ ou de statut inconnu)

Selon ce groupe d’experts, la sérologie VIH à S12 en l’absence de TPE n’est maintenue que du fait de son caractère règlementaire (arrêté du 1er aout 2007, ces experts demandent la modification de cet arrêté).
L’arrêté du ‘arrêté du 1 août 2007  a été abrogé en juin 2019

Pour le VIH

Dans tous les cas, une sérologie VIH est réalisée dans les premiers jours chez la personne exposée
(réglementairement dans les sept jours suivant l’exposition).

Si la personne source est séronégative pour le VIH,
inutile d’effectuer une surveillance ultérieure,
sauf s’il existe un risque de primo-infection en cours chez la personne source.

Si la personne source est infectée par le VIH et qu’elle présente une charge virale indétectable (<50 copies/ml),
également inutile d’effectuer une surveillance ultérieure.

Si la personne source est infectée par le VIH et qu’elle a une charge virale détectable ou inconnue, ou si son statut VIH est inconnu,
le suivi comportera, qu’il y ait TPE ou non  une sérologie VIH à 6 et 12 semaines.
Lorsque l’exposition survient chez un soignant, le contrôle sérologique tardif n’est plus indiqué du fait de l’abrogation de l’ arrêté du 1er août 2007)en 2019.

Arrêté du 27 mai 2019 (modalités de suivi sérologique des personnes victimes d’accident du travail et des fonctionnaires civils victimes d’accident de service entraînant un risque de contamination par le virus de l’immunodéficience humaine) :

Le suivi sérologique des personnes victimes d’un accident du travail et des fonctionnaires civils victimes d’un accident de service entraînant un risque de contamination par le virus de l’immunodéficience humaine permet le rattachement d’une éventuelle séroconversion à l’accident.
Il comporte, d’une part,

  • un premier test sérologique qui sera nécessairement effectué avant le huitième jour suivant l’accident pour constater une sérologie négative
  • et, d’autre part, un deuxième test sérologique pratiqué 6 semaines à compter de la date de l’accident ;
  • le cas échéant, lorsqu’un traitement post-exposition a été prescrit à la personne, un troisième test sérologique de dépistage du virus sera réalisé 12 semaines à compter de la date de l’accident.

Dans le cadre de ce suivi, les résultats des tests sont communiqués par ces personnes, sous pli confidentiel, respectivement au médecin-conseil de l’organisme de sécurité sociale auquel elles sont affiliées et, pour les fonctionnaires civils, au médecin inspecteur de la santé chargé du secrétariat de la commission de réforme compétente.”

Pour le VHC

En cas d’exposition au sang, un suivi sérologique sera effectué si :

  • le patient source est virémique pour le VHC (ARN VHC plasmatique détectable)
  • ou de statut sérologique inconnu,

avec comme objectif de dépister rapidement une hépatite aiguë, laquelle serait une indication à une prise en charge spécifique.

Lorsque le patient source est de statut VHC inconnu,
le suivi sera uniquement basé sur la sérologie VHC à S12 ;

Lorsque le patient source est virémique pour le VHC,
le suivi de la personne exposée comporte, en plus de celui indiqué précédemment, la recherche d’ARN-VHC (couplée au dosage des ALAT) réalisée à 6 semaines.

Pour le VHB

Il n’y a le plus souvent aucun suivi nécessaire après une exposition professionnelle au sang, quel
que soit le statut du patient source, car la plupart des personnels de santé sont vaccinés et
répondeurs à la vaccination hépatite B

Lorsque le taux des Ac anti-HBs est inconnu au moment de l’AES chez un soignant vacciné,
il faut le rechercher à S0 ( aussitôt après l’AES).
(La HAS préconise également la recherche des Ac antiHBc et anti-HBs et des ALAT).

En l’absence de protection (absence de vaccination ou Ac anti-HBs < 10 mUI/ml et absence d’un taux >100 mUI/ml au moins une fois dans les antécédents),
si le patient source est porteur du VHB (Ag HBs+) ou de statut inconnu,
le suivi reposera sur la mesure des marqueurs du VHB (Ac anti-HBc et anti-HBs, Ag HBs) à 12 semaines .

En cas de vaccination effectuée après l’exposition,
un contrôle des Ac anti-HBs sera effectué un mois après la fin du schéma vaccinal.

 

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