Echelle de dépression MADRS, Montgomery and Asberg Depression Scale

De nombreux outils d’évaluation validés et reconnus aussi bien en auto évaluation qu’en hétéro évaluation aident au diagnostic de dépression. L’échelle de  dépression MADRS, échelle d’hétéro évaluation, est notamment recommandée aux médecins conseils pour instruire les demandes de pathologies psychiques susceptibles d’être liées au travail. Bien qu’il n’existe pas de tableau de maladie professionnelle spécifique, les affections psychiques peuvent être reconnues au titre des maladies professionnelles si elles présentent un certain degré de gravité ( IPP supérieure ou égale à 25%), et s’il existe un lien direct et essentiel avec le travail.

 

Cette échelle MADRS figure dans la lettre réseau qui a été adressée par la CNAM aux médecins conseils début 2013 : cette lettre diffuse des recommandations à propos des critères de gravité des affections psychiques, qui autorise la saisine du CRRMP : en effet, le dossier de demande de reconnaissance de maladie professionnelle est systématiquement transmis au CRRMP s’il n’existe pas de tableau de maladie professionnelle pour la pathologie, ce qui est le cas pour les pathologies psychiques, si l’IPP, incapacité permanente partielle est au moins de 25% pour une pathologie en lien avec le travail. Depuis Mars 2012 ( lettre ministérielle du 13 mars 2012), la notion d’IPP prévisible a été introduite ( donc le médecin conseil n’attend pas que la pathologie soit consolidée et l’IPP définitive fixée) pour saisir le CRRMP.

Lettre réseau LR-DRP-1/2013 adressée aux médecins conseils : affections psychiques entraînant une IPP prévisible supérieure ou égale à 25%.

Pour chacune des questions de l’échelle MADRS, chaque item est coté de 0 à 6, seules les valeurs paires sont définies.
Le médecin doit décider si l’évaluation doit reposer sur les points de l’échelle bien définis (0, 2, 4, 6) ou sur des points intermédiaires (1, 3, 5).
Le score maximal est de 60.
Le seuil de dépression est fixé à 15 sur l’échelle de MADRS

L‘échelle de MADRS est assez rapide et sensible à l’efficacité thérapeutique.

Question 1 : Tristesse apparente

Correspond au découragement, à la dépression et au désespoir (plus qu’un simple cafard passager) reflétés par la parole, la mimique et la posture. Coter selon la profondeur et l’incapacité à se dérider.

  • 0 Pas de tristesse.
  • 1
  • 2 Semble découragé mais peut se dérider sans difficulté.
  • 3
  • 4 Parait triste et malheureux la plupart du temps.
  • 5
  • 6 Semble malheureux tout le temps. Extrêmement découragé.

Question 2 : Tristesse exprimée

Correspond à l’expression d’une humeur dépressive, que celle-ci soit apparente ou non. Inclut le cafard, le découragement ou le sentiment de détresse sans espoir. Coter selon l’intensité, la durée et le degré auquel l’humeur est dite être influencée par les événements.

  • 0 Tristesse occasionnelle en rapport avec les circonstances.
  • 1
  • 2 Triste ou cafardeux, mais se déride sans difficulté.
  • 3
  • 4 Sentiment envahissant de tristesse ou de dépression.
  • 5
  • 6 Tristesse, désespoir ou découragement permanents ou sans fluctuation.

Question 3 : Tension intérieure

Correspond aux sentiments de malaise mal défini, d’irritabilité, d’agitation intérieure, de tension nerveuse allant jusqu’à la panique, l’effroi ou l’angoisse. Coter selon l’intensité, la fréquence, la durée, le degré de réassurance nécessaire.

  • 0 Calme. Tension intérieure seulement passagère.
  • 1
  • 2 Sentiments occasionnels d’irritabilité et de malaise mal défini.
  • 3
  • 4 Sentiments continuels de tension intérieure ou panique intermittente que le malade ne peut maîtriser qu’avec difficulté.
  • 5
  • 6 Effroi ou angoisse sans relâche. Panique envahissante.

Question 4 : Réduction du sommeil

Correspond à une réduction de la durée ou de la profondeur du sommeil par comparaison avec le sommeil du patient lorsqu’il n’est pas malade.

  • 0 Dort comme d’habitude.
  • 1
  • 2 Légère difficulté à s’endormir ou sommeil légèrement réduit. Léger ou agité.
  • 3
  • 4 Sommeil réduit ou interrompu au moins deux heures.
  • 5
  • 6 Moins de deux ou trois heures de sommeil.

Question 5 : Réduction de l’appétit

Correspond au sentiment d’une perte de l’appétit comparé à l’appétit habituel. Coter l’absence de désir de nourriture ou le besoin de se forcer pour manger.

  • 0 Appétit normal ou augmenté.
  • 1
  • 2 Appétit légèrement réduit.
  • 3.
  • 4 Pas d’appétit. Nourriture sans goût.
  • 5
  • 6 Ne mange que si on le persuade.

Question 6 : Difficultés de concentration

Correspond aux difficultés à rassembler ses pensées allant jusqu’à l’incapacité à se concentrer. Coter l’intensité, la fréquence et le degré d’incapacité.

  • 0 Pas de difficulté de concentration.
  • 1
  • 2 Difficultés occasionnelles à rassembler ses pensées.
  • 3
  • 4 Difficultés à se concentrer et à maintenir son attention, ce qui réduit la capacité à lire ou à soutenir une conversation.
  • 5
  • 6 Incapacité de lire ou de converser sans grande difficulté.

Question 7 : Lassitude

Correspond à une difficulté à se mettre en train ou une lenteur à commencer et à accomplir les activités quotidiennes.

  • 0 Guère de difficultés à se mettre en route ; pas de lenteur.
  • 1
  • 2 Difficultés à commencer des activités.
  • 3
  • 4 Difficultés à commencer des activités routinières qui sont poursuivies avec effort.
  • 5
  • 6 Grande lassitude. Incapable de faire quoi que ce soit sans aide.

Question 8 :  Incapacité à ressentir

Correspond à l’expérience subjective d’une réduction d’intérêt pour le monde environnant, ou les activités qui donnent normalement du plaisir. La capacité à réagir avec une émotion appropriée aux circonstances ou aux gens est réduite.

  • 0 Intérêt normal pour le monde environnant et pour les gens.
  • 1
  • 2 Capacité réduite à prendre plaisir à ses intérêts habituels.
  • 3
  • 4 Perte d’intérêt pour le monde environnant. Perte de sentiment pour les amis et les connaissances.
  • 5
  • 6 Sentiment d’être paralysé émotionnellement, incapacité à ressentir de la colère, du chagrin ou du plaisir, et impossibilité complète ou même douloureuse de ressentir quelque chose pour les proches, parents et amis.

Question 9 :  Pensées pessimistes

Correspond aux idées de culpabilité, d’infériorité, d’auto-accusation, de péché ou de ruine.

  • 0 Pas de pensées pessimistes.
  • 1
  • 2 Idées intermittentes d’échec, d’auto-accusation et d’autodépreciation.
  • 3
  • 4 Auto-accusations persistantes ou idées de culpabilité ou péché précises, mais encore rationnelles. Pessimisme croissant à propos du futur.
  • 5
  • 6 Idées délirantes de ruine, de remords ou péché inexpiable. Auto-accusations absurdes et inébranlables.

Question 10 : Idées de suicide

Correspond au sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, qu’une mort naturelle serait la bienvenue, idées de suicide et préparatifs au suicide. Les tentatives de suicide ne doivent pas, en elles-mêmes, influencer la cotation.

  • 0 Jouit de la vie ou la prend comme elle vient.
  • 1
  • 2 Fatigué de la vie, idées de suicide seulement passagères.
  • 3
  • 4 Il vaudrait mieux être mort. Les idées de suicide sont courantes et le suicide est considéré comme une solution possible, mais sans projet ou intention précis.
  • 5
  • 6 Projets explicites de suicide si l’occasion se présente. Préparatifs de suicide.



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