Questionnaire AHRQ, mondialement reconnu, pour analyser la culture sécurité d’un établissement de santé

 Il existe une relation certaine entre l’erreur médicale et l’organisation du travail au sein d’un établissement de santé, parce que cette dernière est intimement liée à la sécurité des soins. Devoir travailler très vite, réaliser plusieurs tâches dans le même temps est source d’erreurs. Il est possible d’analyser la culture sécurité d’un établissement de santé grâce à un audit ou plus simplement grâce au  questionnaire Hospital survey on patient safety culture destiné aux médecins et soignants. Ce questionnaire développé à la John Hopkins University, relayé par AHRQ, Agency for Healthcare Research and Quality  est actuellement la référence mondiale.

 

Version française du questionnaire AHRQ, qui permet d’analyser la culture sécurité en milieu médical.

Les réponses aux questions sont données  sur une échelle de Likert qui comporte 5 classes de jugement :

  • Je suis totalement d’accord
  • Je suis d’accord
  • Ni d’accord, ni en désaccord
  • Je ne suis pas d’accord
  • Je ne suis pas du tout d’accord

Les questions explorent plusieurs thèmes.

Section A : unité service

  • Les personnes qui travaillent dans cette unité se soutiennent mutuellement ;
  • Nous avons assez de personnel pour faire face à la charge de travail ;
  • Quand beaucoup de travail a besoin d’être effectué rapidement, nous travaillons en équipe afin d’effectuer ce travail ;
  • Dans cette unité les personnes se traitent avec respect ;
  • Les heures travaillées par les professionnels de l’équipe sont trop importantes pour une qualité optimale des soins ;
  • Nous mettons activement des choses en place afin d’améliorer la sécurité des soins ;
  • Nous faisons trop souvent appel à du personnel intérimaire pour une qualité optimale des soins ;
  • Le personnel a l’impression que ses erreurs sont retenues contre lui ;
  • Les erreurs ont amené des changements positifs ici ;
  • C’est juste par hasard que des erreurs plus sérieuses n’arrivent pas ici ;
  • Quand un secteur est très occupé, les autres secteurs lui viennent en aide ;
  • Quand un évènement est signalé, on a l’impression que c’est la personne qui est pointée du doigt et non le problème ;
  • Une fois que les changements sont mis en place pour améliorer la sécurité des soins, leur efficacité est évaluée ;
  • Nous travaillons en mode de crise, essayant de faire trop de choses, trop rapidement ;
  • La sécurité ses soins n’est jamais sacrifiée pour que plus de travail soit effectué ;
  • Le personnel s’inquiète du fait que ses erreurs soient notées dans leur dossier administratif ;
  • Nous avons des problèmes liés à la sécurité des soins dans ce service ;
  • Nos procédures et nos systèmes sont efficaces pour prévenir la survenue d’erreurs ;

Section B : Votre supérieur hiérarchique immédiat ( surveillant, chef
de service, etc)

  • Mon supérieur hiérarchique immédiat ( surveillant, chef de service, etc) exprime sa satisfaction quand il ou elle voit un travail réalisé selon les règles de sécurité des soins ;
  • Mon supérieur hiérarchique immédiat ( surveillant, chef de service, etc) prend sérieusement en considération les suggestions du personnel pour améliorer la sécurité des soins ;
  • Chaque fois que la pression s’accumule, mon supérieur hiérarchique immédiat ( surveillant, chef de service, etc) veut que nous travaillions plus rapidement, même si cela signifie qu’il faut prendre des « raccourcis » ;

Section C : communication

  • Nous recevons un retour d’information sur les changements mis en place suite au signalement d’un évènement ;
  • Le personnel parlera librement s’il voit quelque chose qui pourrait affecter négativement les soins ;
  • Nous sommes informés des erreurs qui se produisent dans cette unité ;
  • Le personnel se sent libre de remettre en cause les décisions ou les actions de ses supérieurs ;
  • Dans cette unité  nous discutons des moyens pour empêcher que les erreurs se produisent à nouveau ;
  • Le personnel a peur de poser des questions quand quelque chose ne semble pas être correct ;

Section D : fréquence de signalement des évènements indésirables

  • Quand une erreur est faite mais qu’elle est détectée et corrigée avant d’avoir affecté le patient, combien de fois cette erreur est-elle signalée ?
  • Quand une erreur est faite, mais n’a pas le potentiel de nuire au patient, combien de fois cette erreur est-elle signalée ?
  • Quand une erreur qui pourrait nuire au patient mais n’a pas nui au patient est faite, combien de fois cette erreur est-elle signalée ?

Section E : niveau de sécurité des soins

  • Donnez à votre unité/service un classement global concernant la sécurité des soins ;

Section F : votre établissement de soins

  • La direction de l’hôpital procure un climat de travail qui favorise la sécurité des soins ;
  • Les unités de l’hôpital ne se coordonnent pas bien les unes avec les autres ;
  • Des dysfonctionnements surviennent quand les patients sont transférés d’une unité à l’autre ;
  • Il y a une bonne coopération entre les unités qui ont besoin de travailler ensemble ;
  • Des informations importantes pour les soins des patients sont souvent perdues lors des changements d’équipe ;
  • Il est souvent désagréable de travailler avec le personnel des autres unités de l’hôpital ;
  • Des problèmes surviennent fréquemment lors d’échange d’informations entre les unités de l’hôpital ;
  • Les actions de la direction de l’hôpital montrent que la sécurité des soins est la première des priorités ;
  • La direction de l’hôpital semble s’intéresser à la sécurité des soins uniquement après qu’un évènement indésirable se soit produit ;
  • Les unités de l’hôpital travaillent ensemble pour fournir les meilleurs soins aux patients ;
  • Les changements d’équipe sont problématiques pour les patients dans cet hôpital ;

Section G : nombre d’évènements indésirables signalés

  • Au cours des 12 derniers mois, combien de fiches de signalement des évènements indésirables avez-vous remplies et déposées ?

 

Les erreurs médicales proviennent le plus souvent d’un déficit organisationnel du système de santé et non de  l’incompétence des professionnels de santé. Il s’avère indispensable d’évaluer  la culture sécurité au sein d’un  établissement de santé  :  le questionnaire AHRQ, destiné aux professionnels, médecins, soignants,  est un outil facile à utiliser qui  permet de dresser un état des lieux, première étape indispensable pour initier cette démarche.


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