Evaluation du potentiel suicidaire

Le suicide représente  le stade ultime de la souffrance au travail. La principale difficulté dans la prévention du suicide réside dans son diagnostic et son identification. Les consultations de santé au travail peuvent permettre de repérer des personnes suicidaires et d’organiser leur prise en charge puisqu’il existe désormais des thérapies connues et efficaces pour de nombreux états suicidaires.

Distinguer les  facteurs de risque de suicide et les prédicteurs de risque de suicide
Facteurs de risque de suicide
Echelle SAD PERSONS : échelle d’évaluation du potentiel suicidaire
Comment mettre au jour des idées suicidaires au cours d’un entretien avec un patient ?
Sites web qui traitent de la prévention du suicide

Distinguer les  facteurs de risque de suicide et les prédicteurs de risque de suicide

  •  Un facteurs de risque est une caractéristique d’un vaste échantillon de personnes qui ont commis un suicide et qui apparaît comme statistiquement plus fréquent.
    • Exemples de facteurs de risque
      • Age
      • Conditions de vie : stress sévère, perte d’un être cher, etc
      • Dépendance à l’alcool, psychose.
  • Au contraire, un prédicteur de risque est une caractéristique d’un individu donné qui indique la vraisemblance de l’imminence du suicide de cet individu.

Le suicide est souvent un phénomène interpersonnel :
une évaluation du potentiel suicidaire n’implique pas seulement une observation du patient mais également l’évaluation des personnes qui entourent le patient qui permettent de recueillir des informations. Il est important de savoir si l’environnement est hostile ou au contraire soutient le patient. Un environnement relationnel hostile peut augmenter le risque de suicide.

Facteurs de risque de suicide

  •  Age et sexe :
    les hommes décèdent plus souvent par suicide que les femmes, alors que les femmes tentent 3 fois plus de se suicider que les hommes.
    On observe donc une plus grande efficacité suicidaire chez les hommes.
    Le risque de suicide augmente avec l’âge dans les 2 sexes.
  • L‘intoxication alcoolique prédispose le patient à une tentative de suicide parce que le contrôle des impulsions est diminué.
  • Les antécédents personnels et familiaux de suicide
  • Isolement, chômage, difficultés financières, difficultés professionnelles
  • La psychose est un facteur de risque majeur de suicide parce que la pensée rationnelle fait souvent obstacle à l’autodestruction.
    Parmi les personnes qui tentent de se suicider, un nombre relativement faible mais significatif souffre de psychose active.
    Trois troubles sont susceptibles de rendre le patient violent vis à vis de lui ou des autres :

    •  hallucinations impérieuses ( injonctions auditives qui ordonnent de réaliser des actes spécifiques),
    • sensation d’être contrôlé par une autre personne ( par un agent extérieur qui a des idées meurtrières ou suicidaires)
    • et préoccupations religieuses ( le patient pense que Dieu veut qu’il réalise certaines actions ( se suicider par exemple) pour lui prouver son amour.
  • La présence d’un trouble psychiatrique grave, comme une dépression majeure est sans doute le facteur statistiquement le plus fortement corrélé au risque de suicide.
    95% des suicides surviendraient chez des adultes souffrant de troubles psychiatriques
  • Mode de vie :
    le risque le plus élevé de suicide est retrouvé chez les couples séparés.  Les personnes divorcées ont ensuite le deuxième  taux de risque. Les personnes qui n’ont jamais été mariées arrivent ensuite dans ce classement et les couples mariés heureux présentent le risque le plus faible.
  • Etat de santé :
    une pathologie somatique comme un diabète sévère, une polyarthrite rhumatoïde, une sclérose en plaques peuvent augmenter le risque de suicide, surtout lorsque la maladie entraîne une perte de capacités, des douleurs chroniques, etc

Echelle SAD PERSONS : échelle d’évaluation du potentiel suicidaire

L’échelle SAD PERSONS mise au point par Patterson, Dohn, Bird sert de liste récapitulative pour les facteurs de risque de suicide.
La présence d’un facteur de risque vaut 1 point, plus une personne s’approche de 10, plus elle est supposée être en danger.

The SAD PERSONS scale

  • Sexe
  • Age
  • Dépression
  • Précédente tentative de suicide
  • Ethylisme, abus chronique de drogues,  ( par diminution du contrôle des impulsions, déclenchement d’un processus psychotique)
  • Rationalité perdue, raisonnement détérioré,
  • Sans soutien social (manque de soutien de la part d’amis, famille)
  • Organisation d’un plan de suicide, sévérité de l’intention de se suicider
  • Non marié
  • Santé défaillante

Pour un score entre 4 et 7 points, un suivi assidu doit être envisagé, l’hospitalisation peut être prise en considération
Pour un score entre 8 et 11 points : l’hospitalisation est à envisager

Comment mettre au jour des idées suicidaires au cours d’un entretien avec un patient ?

 Selon Thomas Kuhn  :
« Les réponses que vous obtenez dépendent des questions que vous posez »

Comment formuler les questions lors d’un entretien avec un patient pour tenter de mettre au jour des idées suicidaires ?
Le médecin doit être direct quand il interroge le patient pour savoir s’il a des idées suicidaires et utiliser des termes précis « se tuer », “se suicider”, “se donner la mort”, etc
La moindre hésitation dans la réponse d’un patient peut indiquer qu’il a des idées suicidaires même s’il commence par nier.
Le médecin doit observer tout message corporel qui indique que le patient est anxieux, ne dit pas la vérité, etc
La prise de note devrait être évitée lors d’une évaluation des idées suicidaires  pour détecter le message non verbal d’ambivalence, ou autre
Le médecin ne doit pas paraître pressé lorsqu’il procède à la mise au jour des idées suicidaires.
Lorsque le patient répond « non » lorsque le médecin lui demande s’il a des idées suicidaires, le médecin peut poursuivre avec des questions telles que :
« Parfois les gens ont des idées de suicide passagères, même s’ils n’y pensent pas vraiment. Avez-vous déjà eu ce type de pensées ? »
« Au cours de cette période stressante, avez-vous parfois souhaité être mort ou bien vous endormir pour ne jamais vous réveiller ? »

Selon Shawn Christopher Shea
“La recherche d’idéation suicidaire est un art : nos questions sont les pinceaux, les expressions de notre visage les couleurs et la relation que nous créons avec le patient notre toile.”

Sites web qui traitent de la prévention du suicide

Les sites suivants sont en anglais

Les informations qui figurent dans cet article sont extraites de l’ouvrage « Evaluation du potentiel suicidaire » comment intervenir pour prévenir
Shawn Christopher Shea
Coordination scientifique de l’édition française : Jean-Louis terra, Monique Seguin



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