Produits chimiques et effets sur l’audition

Certaines substances chimiques peuvent avoir un effet sur l’audition, les personnes exposées doivent donc bénéficier d’un suivi audiométrique. Cet article réalise une synthèse du rapport de l’IRSST, l’institut de recherche Robert Sauvé en santé et en sécurité au travail «substances chimiques et effets sur l’audition», revue de la littérature de 1970 à 2005.

Substances ototoxiques potentielles
Le système auditif
Produits ototoxiques : revue de la littérature
Mécanisme d’action des produits ototoxiques
Notation de bruit pour les substances chimiques
Rapport de l’IRSST

 

Substances ototoxiques potentielles

Au Canada, plus de 200 substances sont identifiées comme ototoxiques potentielles.
Parmi ces produits susceptibles d’avoir une toxicité sur le système auditif :

  • des solvants,
    toluène, styrène, xylène, disulfure de carbone, trichloéthylène ;
  • des asphyxiants,
    monoxyde de carbone, cyanure d’hydrogène ;
  • des métaux,
    plomb, mercure ;
  • des pesticides,
    paraquat, organophosphorés.

 

Le système auditif

On distingue : un système périphérique et un système central.

Système auditif périphérique
Il comprend l’oreille externe, l’oreille moyenne, l’oreille centrale.

  • L‘oreille externe est séparée de l’oreille moyenne par le tympan.
    Les sons induisent des vibrations du tympan qui sont transportées jusqu’à l’oreille interne par la chaîne d’osselets ( marteau, enclume, étrier).
  • L’oreille interne renferme l’organe de l’audition, la cochlée, qui a la forme d’un limaçon.
    La cochlée renferme les cellules sensorielles qui transforment l’énergie mécanique en énergie électrique.
  • Une stimulation sonore provoque la libération d’un neuro-transmetteur au niveau des cellules sensorielles ce qui entraîne une activité électrique dans les fibres du nerf auditif.

Système auditif central
Il se situe entre le nerf auditif et la zone temporale du cerveau.
Le nerf auditif permet aux cellules sensorielles de communiquer avec le cerveau, puisqu’il permet l’acheminement de l’activité électrique grâce au système auditif central jusqu’au cerveau, où le message électrique est perçu comme un son.

Produits ototoxiques : revue de la littérature

A des concentrations réalistes dans les milieux de travail, sont identifiées des substances ototoxiques et des substances potentiellement ototoxiques :

Substances ototoxiques

  • plomb,
  • styrène,
  • toluène,
  • trichloroéthylène.

Substances probablement ototoxiques

  • éthylbenzène,
  • n-hexane,
  • xylène.

 

Mécanisme d’action des produits ototoxiques

Solvants
Peu de données sont disponibles chez l’homme, la plupart des études sont effectuées sur des animaux de laboratoire.
Des hypothèses sont avancées :

  • soit une modification de la perméabilité membranaire des cellules auditives à l’origine d’un stress oxydatif,
  • soit des dysfonctionnements des pompes à ions d’où des modifications des concentrations ioniques.

Les solvants atteignent l’organe de Corti grâce aux vaisseaux sanguins et affectent d’abord les cellules de Hensen, puis les cellules de Deiter, puis les cellules ciliées externes.
Les cellules du ganglion spiral et les cellules ciliées internes peuvent être affectées à plus fortes doses.
L’atteinte des cellules ciliées externes entraîne une perte auditive sur les fréquences moyennes chez le rat.
Les solvants pourraient également modifier la perméabilité membranaire et donc les concentrations ioniques autour des cellules ciliées externes ( modification de la résorption de l’ion potassium).
Or l’équilibre ionique est essentiel au bon fonctionnement de l’oreille.

Les solvants lipophiles peuvent altérer la structure membranaire des cellules ciliés externes, donc perturber leur motilité et donc nuire à la transmission des signaux qui entrent en jeu dans l’audition.
Par ce mécanisme le toluène peut entraîner la mort de la cellule par augmentation de la concentration intracellulaire de calcium.

Asphyxiants
La cochlée est rendue plus vulnérable par l’exposition à ces asphyxiants qui sont capables de potentialiser l’effet du bruit en créant une anoxie au niveau des tissus.

Normalement en cas d’exposition au monoxyde de carbone, le débit sanguin augmente, or l’exposition au bruit inhibe ce mécanisme et conduit donc à l’anoxie.

Métaux
Le mécanisme d’action de l’ototoxicité des métaux est peu documenté.
L’action ototoxique du mercure ferait intervenir une production excessive d’oxyde nitrique qui affecterait le fonctionnement de la pompe Na+/K+, or l’augmentation du calcium libre dans la cellule génère un stress oxydatif.

Notation de bruit pour les substances chimiques

Plusieurs substances présentes en milieu industriel sont ototoxiques.
L’évaluation des effets de l’exposition à ces substances est difficile car une même personne est souvent exposée à plusieurs substances et également exposée au bruit.

Puisque de nombreuses substances semblent potentiellement ototoxiques, certains scientifiques suggèrent une «notation de bruit», au même titre que la «notation de peau» établie pour les valeurs admissibles, pour les diverses substances.

Valeurs limites d’exposition professionnelle

Rapport de l’IRSST

Substances chimiques et effets sur l’audition : revue de la littérature


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