Des personnes-Santé au travail

Plan de prévention alcool dans l’entreprise

Il est important de mettre en place un plan de prévention «alcool» dans l’entreprise, pour favoriser la prise en charge des salariés alcoolo-dépendants qui travaillent, ou qui reprennent leur poste de travail après s’être traités, etc

Dysfonctionnements observés en l’absence de plan de prévention alcool dans l’entreprise
Grands principes pour mettre en place un plan de prévention «alcool» dans une entreprise

La prévention alcool est la plus difficile à mettre en place dans une entreprise.
En revanche, lorsqu’elle a été mise en place, il est ensuite facile de mettre en place d’autres préventions: lombalgies, tabac, par exemple…

 

Dysfonctionnements observés en l’absence de plan de prévention alcool dans l’entreprise

Le hiérarchique fait tout pour ne pas voir et/ou ne pas entendre ce que le collègue de travail va lui rapporter sur tous les dysfonctionnements relationnels présentés par le sujet alcoolo-dépendant (qui va lui -même se servir des dysfonctionnements de l’atelier ou du service pour se dédouaner),

Le médecin du travail est sollicité en bout de course, sans être nécessairement au courant des véritables problèmes posés par le sujet addictif.
Il va être chargé de poser une inaptitude alors que rien n’a été fait au niveau hiérarchique pendant 10 ou 15 ans.
Par ailleurs, les relations entre le médecin du travail et le médecin traitant peuvent être difficiles car le malade aura pu faire alliance avec son médecin généraliste (qui pourra avoir du mal à reconnaître la dépendance alcoolique chez son patient).

L’alcoologue arrive également en fin de parcours, et recueillera un discours de persécution au travail du sujet, qui parlera de tous les dysfonctionnements professionnels pour ne pas évoquer sa relation pathologique avec l’alcool.
Le médecin devra remonter patiemment «toute la pelote de laine» pour vaincre le système de défense du malade.

Il est nécessaire de parler de faits incontestables (répétitions de ceux-ci, sanctions consécutives ou courriers éventuels, etc).
Les hiérarchiques doivent traiter le malade alcoolique comme les autres salariés, avec la même sévérité si des faits délictueux sont relevés.

La discussion renouvelée entre le hiérarchique et le médecin du travail est indispensable, avec la nécessité de ne pas parler d’alcool et d’observer la survenue d’actes condamnables (qui permettra au hiérarchique d’intervenir, en liaison directe avec le médecin).

Grands principes pour mettre en place un plan de prévention «alcool» dans une entreprise

Analyse de la culture alcool de l’entreprise
Prévoir des réunions festives avec le choix possible du non alcool.
En soulignant le fait que les modes de consommation de l’alcool se modifient (la culture anglo-saxonne s’installe progressivement avec la ritualisation de l’ivresse),
Lorsqu’on interdit l’alcoolisation sur les lieux de travail, on va déplacer les endroits où elle se fera.

Lors d’intoxication aiguë au travail

  • Mise en place de protocoles.
  • Discussion avec les délégués du personnel de la possibilité de réaliser des contrôles par éthylomètres, dans des conditions définies dans le règlement intérieur.
  • Intervention du médecin du travail s’il est présent ou non dans l’entreprise.
  • Rôle à tenir par la hiérarchie; avec l’obligation de rencontrer le sujet le lendemain des faits, avec des sanctions ou avertissements. Le médecin du travail sera sollicité devant des conduites d’alcoolisation et/ou ivresses répétées.

Conduite à tenir face à un sujet alcoolo dépendant
Faire en sorte qu’il aille rencontrer le médecin du travail dans un délai raisonnable, en formant le hiérarchique qui devra éviter les discours condamnant et culpabilisants (passer du «TU qui tue» au «JE qui responsabilise»)

Cas des PME et TPME
On peut s’appuyer sur l’existence possible du patriarcat (patron bienveillant qui sait être autoritaire quand il l’estime nécessaire).

Ces informations ont été recueillies par le Docteur Thierry Jamen, médecin de santé au travail, diplômé d’alcoologie, à l’occasion d’une formation assurée par le Docteur François Gonnet et le Docteur Colette Marcand, alcoologues, destinée à des médecins de santé au travail à Lyon, en novembre 2007

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