Un indice fatigue/risque pour calculer la fatigue des travailleurs postés

Il n’est pas toujours facile d’évaluer objectivement la fatigue de travailleurs postés, de savoir si tel ou tel changement d’horaires de travail est bénéfique, en tout cas n’accroît pas la fatigue. L’index FRI, Fatigue and Risk Index est un outil intéressant en complément bien sûr de la prise en compte des avis des personnes concernées. Il ne peut être utilisé que pour les travailleurs en équipe alternante. Ce Fatigue and Risk Index Calculator, développé par Simon Folkard en 2006, est disponible en ligne gratuitement.

Modèle fatigue/risque mis au point par Folkard 
Diverses données doivent être saisies dans le calculateur
Interprétation des résultats 

L’indice FRI, Fatigue and Risk Index se compose lui-même de 2 indices : l’indice de fatigue
et l’indice de risque d’accident.

On observe que  la fatigue et le risque d’accident sont plus élevés sur l’équipe de nuit : le pic de risque d’accident se situe en milieu de nuit, tandis que le pic de fatigue se situe environ 5 heures plus tard, donc tôt le matin.
Par ailleurs le risque qu’un accident survienne sur l’équipe d’après-midi est plus élevé que sur celle du matin. Ceci contraste avec la fatigue qui tend à être plus marquée sur l’équipe du matin que sur l’équipe d’après-midi.

Modèle fatigue/risque mis au point par Folkard

Ce modèle mis au point par Folkard permet de prédire la fatigue lié à un travail organisé en équipes.

Les indices de fatigue et de risque sont construits à partir de 3 éléments séparés :

  • un composant cumulatif qui prend en compte la façon dont les équipes sont organisées,
  • un composant associé au temps de travail c’est à dire les effets liés à l’heure de la prise de poste, la durée de l’équipe etc
  • un composant associé au type de travail, à la possibilité de réaliser des pauses ( le travail peut-il être interrompu), qui est donc en lien avec le contenu du travail en équipe.

Diverses données doivent être saisies dans le calculateur

Diverses données doivent être saisies dans le calculateur qui est un tableau Excel :
le jour, travaillé ou non, le type de travail ( est ce que le travail peut être interrompu par des pauses), le temps de trajet domicile-lieu de travail, le temps de travail au cours des 24H, le temps de repos au cours des 24H, le temps moyen de travail par jour, etc

Interprétation des résultats

Mode d’emploi du calculateur de l’indice de fatigue/risque

Quand toutes les données ont été saisies, il suffit de cliquer sur calculer l’index ( calculate index)
La dernière colonne du tableau donne l’indice de risque ou l’indice de fatigue, ce n’est pas une simple somme des colonnes précédentes.

Le résultat de l’indice de risque :
il fournit la probabilité qu’un accident survienne sur une équipe particulière.
Une valeur de 1 correspond au risque moyen ( pour des temps de travail de 12H, alternants 2 nuits, 2 jours et 4 repos).
Une valeur de 2 correspond à un doublement du risque.

Le résultat de l’indice de fatigue
il est relié à la probabilité d’un haut niveau d’endormissement.
Le niveau d’endormissement élevé correspond au niveau 8 ou 9 de l‘échelle de Karolinska Sleepiness Scale (KSS) qui permet de mesurer l’endormissement. Cette échelle comporte 9 niveaux du niveau 1 ( très éveillé) au niveau 9 ( très endormi).
Une valeur élevée correspond à une grande fréquence de micro endormissements.
La valeur de l’indice de fatigue se situe entre 0 et 100.
La valeur de 20,7 correspond à la moyenne pour des temps de travail de 12H (qui alterne 2 nuits, 2 jours et 4 repos).

 

A l’occasion des journées franco-suisses qui se sont tenues en juin 2015, une démarche d’aménagement du temps de travail de policiers qui a utilisé entre autre cet indice fatigue/risque a été présentée.

Dans le futur, d’autres recherches permettront peut-être d’incorporer ces deux risques en un seul indice fatigue/risque. Cet indice, FRI, pour calculer la fatigue des travailleurs postés est un élément objectif intéressant, lors de la construction d’un nouvel aménagement du temps de travail en horaires décalés. Il n’existe pas de bon ou mauvais aménagement du temps de travail indépendamment de la nature de l’activité et du contexte. Dans tous les cas la participation des salariés concernés est une condition nécessaire à la construction de compromis acceptables par tous.



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