Diagnostic et conséquences des apnées du sommeil

Les apnées du sommeil, dans les formes évoluées entraînent une somnolence dans la journée, mais également des symptômes nocturnes, tels que des ronflements, des apnées nocturnes qui sont rapportées par le conjoint dans les 2/3 des cas ou par le patient lui même qui se réveille brutalement en prenant sa respiration. Grâce à certaines échelles de dépistage ou application on peut confirmer la suspicion d’apnées du sommeil. Il faut ensuite procéder  à un enregistrement du sommeil qui permet de préciser l’index d’apnées et d’hpopnées ( nombre d’évènements respiratoires par heure de sommeil) et leur sévérité et la mise en route du traitement.

Quand suspecter l’existence d’apnées du sommeil ?
2 critères évaluent la sévérité de l’apnée 
Retentissement des apnées du sommeil
Examens et application disponibles pour diagnostiquer les apnées du sommeil
Application disponible pour enregistrer son sommeil et suspecter des apnées 

Lorsqu’il existe des apnées du sommeil, le sommeil est perturbé durant la nuit, il est de mauvaise qualité et les personnes ne se sentent pas reposées au réveil et présentent dans les formes évoluées des envies de dormir dans la journée ( une somnolence diurne excessive).

Quand suspecter l’existence d’apnées du sommeil, SAS, syndrome d’apnées du sommeil 

Signes repérés par l’entourage qui laissent suspecter des apnées du sommeil

Certains signes repérés par l’entourage pendant le sommeil sont évocateurs d’un syndrome d’apnée du sommeil :

  • ronflement bruyant,
  • pauses respiratoires,
  • réveils nocturnes avec une sensation d’étouffement,
  • changements répétés de position dans le lit.

Hypersomnolence diurne dans les formes évoluées

Il faut également  évoquer l’existence d’apnées du sommeil devant une hypersomnolence diurne : c’est souvent sous estimé par les conducteurs :

La personne elle-même ne se rend pas compte qu’elle présente des apnées du sommeil, qu’elle ronfle beaucoup, mais elle perçoit souvent un certain nombre de signes non spécifiques au syndrome d’apnées mais qui doivent faire rechercher ce diagnostic s’ils sont présents :

  • des maux de tête ou une fatigue au réveil,
  • des sueurs nocturnes,
  • des levers dans la nuit pour uriner,
  • une impuissance ou une baisse de la libido,
  • une somnolence diurne lors de situations courantes et monotones de la vie quotidienne,
  • des troubles de la concentration et de la mémoire
  • une irritabilité ou parfois une dépression.

Attention certains médicaments induisent des apnées du sommeil : SAS induit par des médicaments

Le syndrome d’apnée du sommeil est aussi une pathologie médicamenteuse.

Si l’on sait depuis de nombreuses années que les morphiniques induisent des anomalies respiratoires nocturnes, d’autres médicaments sont suspects de générer ou d’aggraver des apnées du sommeil.

  • Avec la gabapentine, utilisée dans le traitement de l’épilepsie, le risque de SAS est multiplié par 2,61.
    Il n’y a pas de risque de SAS mis en évidence avec les autres médicaments antiépileptiques à l’exception des benzodiazépines avec un risque multiplié par 3,07 (2,58 à 3,66).
  • Avec la prégabaline utilisée dans le traitement  des douleurs neuropathiques le risque de SAS est multiplié par 2,42

Une dépression de la commande centrale et une instabilité des voies aériennes supérieures en sont les potentiels mécanismes par effet GABA mimétique.

L’outil Pneumotox ( qui existe également sous la forme d’application)  donne des informations sur la pathologie pulmonaire induite par les médicaments : The Drug-Induced Respiratory Disease Website

 2 critères évaluent la sévérité de l’apnée

Le niveau de l’index des apnées hypopnées, IAH 

  • Léger : 5 à 15
  • Modéré : 15 à 30
  • Sévère : supérieur à 30

Somnolence

  • Légère : somnolence qui survient pour une activité nécessitant peu d’attention
  • Modérée : somnolence qui survient pour une activité telle qu’une réunion, un concert
  • Sévère : somnolence qui survient pour une activité telle que manger, discuter

Retentissement des apnées du sommeil

Retentissement neurologique d’un SAS

Il faut penser à un Syndrome d’apnées du sommeil chez patient qui a eu AVC ( accident vasculaire cérébral) , un AIT ( accident ischémique transitoire) , etc
C’est un facteur favorisant d’AVC : en effet, quand on présente des apnées, la tension augmente puis lors de la reprise de la ventilation, la tension artérielle baisse, il en résulte donc une hypoperfusion cérébrale. La baisse du débit sanguin cérébral est liée à la longueur des évènements obstructifs et à la désaturation associée
Un patient traité a moins de risque de récidive d’AVC.

Retentissement pulmonaire d’un SAS

Hypoxémie et HTAP, hypertension artérielle pulmonaire, conséquence de l’hypoxie alvélaire

Retentissement cardio vasculaire d’un SAS

HTA
L’hypertension est retrouvée chez 50 % des personnes qui présentent des apnées du sommeil
Des études de cohortes, ont montré que le risque de développer une hypertension augmente avec avec l’index d’apnée-hypopnée. Des apnées du sommeil doivent être recherchées chez un patient hypertendu lorsque sa morphologie est évoctarice, ou dont l’hypertension résiste au traitement.

Troubles du rythme cardiaque en lien avec un SAS

Troubles réversibles après mise en place de pression positive

Coronaropathie 

  Enregistrements du sommeil à l’hôpital qui permettent de diagnostiquer les apnées du sommeil et instaurer un traitement

Polysomnographie

C’est l’examen de choix, le plus complet, qui permet d’enregistrer de nombreuses variables au cours du sommeil et de mettre en place le traitement.

On enregistre l’EEG, électroencéphalogramme, avec 3 dérivations, mentonnière et oculaire ce qui permet d’avoir un hypnogramme aux différents stades de sommeil, les mouvements thoracique et abdominaux, le flux naso buccal, la saturation en oxygène, l’électrocardiogramme, ECG.
L’hypnogramme c’est donc le graphique du déroulement de la nuit, il s’accompagne d’une courbe de position.
On enregistre souvent les mouvements des muscles jambiers ( jambes sans repos) et certains centres enregistrent même la pression oesophagienne.
Cet examen se déroule dans un centre spécialisé.

Cet examen permet donc de poser le diagnostic en première partie de nuit puis en deuxième partie de nuit d’ajuster le traitement : mise en place d’un appareil de pression positive.
Le technicien commence par une petite pression et augmente peu à peu la pression jusqu’à l’ajuster pour régulariser la respiration mais on cherche surtout à régulariser le sommeil. On cherche quelle est la pression qui permet d’avoir un sommeil stabilisé.
Ainsi le matin du test le patient quitte l’hôpital avec le diagnostic et le traitement.

Cet examen qui enregistre les positions permet de dépister les personnes qui ont des apnées du sommeil positionnelles, c’est à dire des apnées uniquement quand elles dorment sur le dos.  Quand elles ne dorment pas sur le dos, elles ne présentent pas de SAS.
Pour elles le traitement est simple, on leur conseille de dormir avec un tee-shirt au dos duquel elles cousent une balle de tennis afin de ne pas pouvoir dormir sur le dos et ainsi ne plus avoir d’apnées.

Polygraphie ( elle détecte également la position)

C’est un examen plus simple.
On enregistre tout sauf l’hypnogramme.
Le patient rentre chez lui avec le matériel pour l’enregistrement, mais on ne sait pas s’il dort ou s’il ne dort pas, si les résultats sont limite, l’interprétation s’avère difficile.
On enregistre les mouvements thoraco abdominaux, le lux nasobuccal, la saturation SaO2, l’ECG, les ronflements et les muscles jambiers.

Oxymétrie nocturne

La saturation est mesurée sur la nuit, on peut observer une importante désaturation nocturne qui peut évoquer un syndrome d’apnées du sommeil. Chaque désaturation correspond à une apnée.
L’oxymétrie ne peut être qu’une orientation, on ne peut pas traiter un patient sur une oxymétrie, c’est seulement une présomption, il faut ensuite rapidement aller plus loin dans la démarche.

 

Application disponible pour enregistrer son sommeil et suspecter des apnées du sommeil

Application iSommeil

L’application iSommeil dans l’App Store permet d’enregistrer le sommeil, les ronflements et permet de faire un premier examen chez soi durant une nuit.
L’application iSommeil est une des seules à être validée par un protocole médical testé dans un centre du sommeil à Paris

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