Maladie à virus Ebola : ce qu’il faut savoir…

Depuis le 31 juillet 2014, tout projet de voyage sauf raison impérative en Guinée, Sierra Leone, Libéria, Nigéria doit être suspendu  puisque des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont avérés. C’est la plus grave épidémie d’Ebola depuis son apparition en 1976 puisque ce virus a tué près de 1 000 personnes depuis le début de l’année en Afrique de l’Ouest. Selon les autorités sanitaires françaises, le risque d’importation du virus Ebola, par le biais des voyageurs au sein de l’Union européenne ou en France, reste faible mais ne peut être exclu. Les professionnels de santé pourraient avoir à gérer des cas suspects de maladie à Ebola.

Le Virus Ebola
La maladie à virus Ebola
Quand faut-il suspecter un cas d’atteinte par le virus Ebola ?
Que faire en présence d’un personne suspecte d’être atteinte par le virus Ebola ? 
Mesures techniques de confinement pour le virus Ebola, agent biologique du groupe 4
Arrêté du 6 août 2014: autorisation de manipulation dérogatoire de l’agent biologique de groupe 4 Ebola
Virus Ebola : vaccins et traitements
Conseils aux voyageurs sur le site du Ministère des affaires étrangères
Conduite à tenir pour les professionnels de santé face à un patient susceptible d’être atteint par le virus Ebola
Etablissements de santé en France habilités pour la prise en charge de patients atteints par le virus Ebola

Depuis le début de l’année 2014, des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont rapportés en Guinée. Fin mars, l’épidémie s’est propagée au Liberia et en Sierra Leone, qui sont des pays voisins. Depuis fin juillet, le Nigéria rapporte également des cas. Au total, au 11 août 2014, 1 848 cas et 1 013 décès ont été rapportés (létalité observée de 54,8%) dans les 4 pays affectés. L’épidémie de maladie à virus Ebola progresse donc de façon significative en Afrique de l’Ouest.

Le Virus Ebola

Le virus Ebola est apparu pour la première fois en 1976, lors de deux flambées simultanées à Nzara (Soudan) et à Yambuku (République démocratique du Congo, ex Zaire). Yambuku étant situé près de la rivière Ebola , c’est de là qu’est venu le nom de la maladie.

Le virus Ebola appartient à la famille des filovirus qui comporte :

  • le genre Ebolavirus,
  • le genre Marburgvirus,
  • le genre Cuevavirus.

On distingue cinq espèces distinctes d’Ebola virus

  • Ebolavirus Bundibugyo (BDBV);
  • Ebolavirus Zaïre (EBOV);
  • Ebolavirus Reston (RESTV);
  • Ebolavirus Soudan (SUDV);
  • Ebolavirus Forêt de Taï (Taï Forest TAFV).

Le virus Ebola est un agent biologique du groupe 4 ( on distingue 4 groupes d’agents biologiques)
Un agent biologique du groupe 4 provoque des maladies graves chez l’homme, constitue un danger sérieux chez les travailleurs. Il existe un risque de propagation élevée dans la collectivité, et aucune prophylaxie, ou traitement efficace n’est disponible pour un agent biologique du groupe 4.

La maladie à virus Ebola

La maladie à virus Ebola était également appelée fièvre hémorragique à virus Ebola.

Le virus Ébola se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et la maladie se propage ensuite d’homme à homme : par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus des sujets et animaux infectés. Un cadavre animal ou humain peut également transmettre la maladie.
Ebola est un virus dont la transmission interhumaine se fait assez mal, principalement par le contact avec le sang après le début des symptômes. Les infections ont principalement lieu entre patients et médecins, et lors des rites funéraires ( les membres de la famille touchent le mort avant son inhumation et ne se lavent pas les mains ensuite, c’est ainsi que le virus Ebola se propage et entraîne la mort des membres de l’entourage…)

Les premiers symptômes peuvent apparaître entre 2 et 21 jours (moyenne de 8 jours) après la contamination et l’essentiel de la contagiosité est réelle après la déclaration des symptômes (état grippal avec des fièvres, douleurs musculaires, diarrhées et vomissements).
La maladie à virus Ébola est une maladie virale aiguë se caractérisant souvent par  l’apparition brutale d’une forte fièvre supérieure à 38,5°, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas, d’hémorragies internes et externes. Le patient est très rapidement hors d’état de se déplacer une fois la maladie déclarée.

Il n’y a pas de transmission de virus lors de l’incubation qui peut durer de 2 à 21 jours. En l’absence de symptômes, il n’y a donc pas de risque de contagion.Mais pendant cette phase asymptomatique durant laquelle on ne détecte rien, le patient peut voyager, et le virus avec lui…

Quand la maladie est déclarée, la transmission se fait par un contact physique rapproché ou un contact avec des surfaces souillées par des liquides biologiques : vomissement, diarrhée, sang, linge souillé . Contrairement à la grippe, il n’y a pas de transmission aérienne du virus Ebola.

La maladie à virus Ebola ne peut pas être transmise par les insectes.

La confirmation du diagnostic repose sur des analyses biologiques (ELISA IgM et IgG PCR) réalisées par le Centre national de référence (CNR). Ces prélèvements qui ont pour objectif de confirmer le diagnostic, doivent être adressés au CNR dans des conditions de transport sécurisées de niveau P4.

Il n’existe pas de traitement spécifique au virus Ebola. La prise en charge consiste essentiellement en un traitement pour lutter contre la fièvre et en une réhydratation des patients mis en quarantaine le temps qu’ils produisent les anticorps adéquats et se débarrassent du virus. Le taux de mortalité est élevé : jusqu’à 90 % dans certains foyers épidémiques.

Un numéro vert pour informer le public a été mis en place par le Ministère de la santé :
08 00 13 00 00, ouvert de 9h à 21h, 7 jours sur 7

Quand faut-il suspecter un cas d’atteinte par le virus Ebola ?

Selon l’INVS, il faut suspecter une atteinte éventuelle par le virus Ebola :

chez toute  personne qui présente, dans un délai de 21 jours après son retour de la zone à risque Sierra Leone, Guinée Conakry, Libéria et Nigéria, une fièvre supérieure ou égale à 38,5°C.

Que faire en présence d’un personne suspecte d’être atteinte par le virus Ebola ?

A ce jour, il n’ existe pas de contamination aérienne pour le virus Ebola, les mesures de prévention consistent donc à se protéger des contacts avec le sang, les tissus ou les liquides biologiques.

En présence d’une personne suspecte d’être atteinte par le virus Ebola, il faut mettre  en place les mesures barrières ( isolement du patient, lui faire porter un masque chirurgical) et contacter aussitôt le  SAMU-Centre 15  qui conduira une évaluation et dira s’il s’agit ou non d’une atteinte possible par le virus Ebola.
Si le cas est classé comme possible, le SAMU prendra en charge le patient qui sera dirigé vers l’établissement de santé de référence (ESR) désigné pour prendre en charge spécifiquement ce type de patient.
Pour les cas suspects, la prise en charge doit s’effectuer dans un établissement de santé doté d’un laboratoire de type L3 (ex P3).

Mesures techniques de confinement pour le virus Ebola, agent biologique du groupe 4

Les mesures techniques de confinement sont données par l’arrêté du 16 juillet 2007, il faut se référer à l’annexe 5 pour connaître les niveaux de confinements pour la manipulation d’agents biologique du groupe 4

Arrêté du 6 août 2014: autorisation de manipulation dérogatoire de l’agent biologique de groupe 4 Ebola

Un arrêté du 6 août 2014 autorise la manipulation dérogatoire de l’agent biologique de groupe 4 Ebola à des fins de réalisation d’examens biologiques pour les patients atteints d’infection avérée à cet agent.

“Pour  la prise en charge médicale d’une personne atteinte par le virus Ebola, il est nécessaire  de disposer dans un même établissement de santé d’une ou plusieurs chambres d’isolement à pression négative et d’un laboratoire de biologie médicale permettant la réalisation des examens biologiques dans les conditions de sécurité prévues par l’arrêté du 16 juillet 2007.
Considérant que le laboratoire P4 INSERM-Jean Mérieux de Lyon ne peut assurer les examens biologiques courants d’un patient ;
Considérant qu’aucun établissement de santé ne dispose, à ce jour, d’une ou plusieurs chambres d’isolement et d’un laboratoire de biologie médicale permettant la réalisation des examens biologiques dans des conditions de sécurité prévues par l’arrêté du 16 juillet 2007 susvisé.
A titre dérogatoire, la réalisation d’examens biologiques pour les patients atteints d’infection avérée à l’agent biologique de groupe 4 Ebola est autorisée dans les établissements de santé qui disposent d’installations de niveau de confinement 3 et qui sont équipés d’un poste de sécurité microbiologique de niveau III (PSM III).
A défaut, elle peut être organisée dans les établissements de santé qui disposent :
– d‘installations de niveau de confinement 3 et sont équipés d’un poste de sécurité microbiologique de niveau II (PSM II) ;
– d’un automate placé sous tente plastique de protection et implanté dans la chambre d’isolement à pression négative du patient.
Ces établissements prennent les mesures de sécurité et de sûreté adaptées nécessaires en termes d’équipements, de décontamination et de conditions de travail.
L’établissement de santé met en œuvre, dans tous les locaux dédiés à la prise en charge des patients atteints d’infection avérée au virus Ebola, un périmètre de sécurité afin d’empêcher toute intrusion.”

Virus Ebola : vaccins et traitements

Vaccins

L’Organisation mondiale de santé (OMS) a annoncé ce week-end que les essais cliniques d’un vaccin préventif développé par GlaxoSmithKline allaient probablement démarrer dans les mois qui viennent, avec une mise à disposition courant 2015 dans le meilleur des cas.
Aucun vaccin n’est actuellement autorisé mais plusieurs vaccins sont à l’essai , notamment GSK, avec des essais sur le primates. Ce sont des vecteurs viraux recombinants qui sont utilisés : ils expriment des protéines du virus Ebola ils sont donc non pathogènes et non réplicatifs. Avec des particules virales inactivées, on prendrait le risque que le virus mute et redevienne pathogène.

Traitement 

Le ZMapp produit par un laboratoire privé aux États-Unis résulte de 10 ans de recherche. Ce n’est pas un vaccin mais un cocktail de trois anticorps dits «monoclonaux», c’est-à-dire capables de reconnaître les cellules infectées par le virus et de déclencher une réaction immunitaire. En effet, les anticorps fabriqués par des souris infectés se fixent à la paroi du virus Ebola et l’empêchent ainsi d’infecter les cellules du corps humain.
Le Zmapp n’a pas encore reçu l’autorisation de la FDA. Il n’avait encore jamais été testé sur l’homme jusqu’à la semaine dernière mais au vu de résultats concluants chez des primates ( il a permis de protéger à 100 % des primates traités une heure après avoir été exposés au virus Ebola) et dans un contexte d’urgence vitale, il a été administré avec un certain succès chez des personnes malades.

Le ZMapp a une efficacité complète s’il est administré une heure après l’infection. L’efficacité baisse au fur et à mesure que ce laps de temps est dépassé.

Conseils aux voyageurs sur le site du Ministère des affaires étrangères

 Conseils aux voyageurs sur le site du Ministère des affaires étrangères

Le Dr Tom, directeur du Center for Disease Control (CDC) s’exprime ainsi à propos de l’épidémie par le virus Ebola :

” Le point essentiel avec Ebola, c’est que nous savons comment l’arrêter : la bonne vieille santé publique. Trouver les patients, les isoler et les soigner, trouver les personnes avec lesquelles ils ont été en contact, éduquer la population et suivre formellement les cas d’infection dans les hôpitaux. Si l’on fait tout cela méticuleusement, l’épidémie d’Ebola prend fin “.

 Conduite à tenir pour les professionnels de santé face à un patient susceptible d’être atteint par le virus Ebola

Le site du Ministère de la santé donne une conduite à tenir pour les professionnels de santé en France face à une suspicion de maladie à virus Ebola chez un patient ou un salarié.

 Etablissements de santé en France habilités pour la prise en charge de patients atteints par le virus Ebola

Des établissements de santé ont été analysés et inspectés et  sont opérationnels et pré-alertés pour un isolement de haut niveau de sécurité en maladie infectieuse (23 lits) ou réanimation (18 lits).



Sites Internet conseillés :

 


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