SRDC, Syndrome Douloureux Régional Complexe, ou algodystrophie,

Encore dénommé algodystrophie, le SRDC, Syndrome Douloureux Régional Complexe ou CRPS, Complex Regional Pain Syndrome, n’est pas une maladie grave, son évolution est favorable mais la durée est difficile à prévoir.  Cette pathologie, qui fait suite à un traumatisme dans 80% des cas, touche les extrémités distales. Elle résulte d’un dysfonctionnement du système de la douleur (système amplificateur) sans lien direct avec le geste chirurgical ou la prise en charge du traumatisme initial. Il est important de la diagnostiquer rapidement (idéalement dans les 2 à 3 mois).

Diagnostic du SDRC, Syndrome Douloureux Régional Complexe
Informations pour les patients atteints de SDRC, Syndrome Douloureux Régional Complexe 

La SFETD, Société française d’étude et de traitement de la douleur, présente les recommandations de diagnostic et de prise en charge des syndromes douloureux régionaux complexes (SDRC)

Diagnostic  du SDRC, Syndrome Douloureux Régional Complexe 

Le diagnostic clinique du SDRC, Syndrome Douloureux Régional Complexe doit être réalisé grâce aux critères de Budapest.
Dans un premier temps il est indispensable d’appliquer ces critères.

Critères diagnostiques établis lors de la Conférence de Budapest IASP 2004

Répondre par oui ou non à chacun des items

1-Douleur, continue, disproportionnée par rapport à n’importe quel
élément déclenchant 

  • Continue
  • Régionale
  • Spontanée et/ou provoquée
  • Disproportionnée par sa durée, son intensité de la lésion
    périphérique

2 –Présence signalée par le patient d’au moins 1 des symptômes dans au moins 3 des 4 catégories

  • Troubles sensoriels :
    • Hyperalgésie
    • allodynie ( douleur provoquée par un stimulus qui normalement ne produit pas de douleurs).
  • Troubles sudomoteurs
    • Œdème
    • Asymétrie / variation sudation
  • Troubles vasomoteurs
    • Asymétrie de la température
    • Anomalie / asymétrie de la coloration cutanée
  • Troubles moteurs / trophiques
    • Diminution de la mobilité, limitation amplitude articulaire
    • Dysfonctionnement moteur ( faiblesse, tremblement, dystonie)
    • Troubles trophiques ( peau, ongles, poils)

3 –Présence constatée à l’examen au moment de l’évaluation d’au moins 1 signes dans 2 ou plus des catégories suivantes

  • Troubles sensoriels :
    • Hyperalgésie ( réaction exagérée) à la piqûre
    • Allodynie ( à l’effleurement léger ou à la pression somatique
      profonde)
  • Troubles vasomoteurs
    • Asymétrie de température cutanée supérieure à 1°
    • Asymétrie de la coloration cutanée
    • Changements de la coloration cutanée
  • Troubles sudomoteurs
    • Œdème
    • Anomalie de sudation
    • Asymétrie de sudation
  • Troubles moteurs / trophiques
    • Diminution de la mobilité, diminution des amplitudes
      articulaires
    • Troubles moteurs ( faiblesse, tremblements, dystonie)
    • Troubles trophiques ( peau, ongles, poils)

4 – Pas d’autre étiologie
Les signes et symptômes ne sont pas expliqués par un autre diagnostic
Recommandations pour les patients

Accéder à la grille des critères diagnostic du SDRC sur le site de la SFETD.

Une capsulite rétractile par exemple n’est pas considérée comme SRDC alors que le syndrome épaule main est considérée comme SDRC, Syndrome Douloureux Régional Complexe.

Examens complémentaires pour diagnostiquer un SDRC, ou algodystrophie

Si une scintigraphie est réalisée d’emblée avant d’établir ces critères cliniques, de Budapest, on observe souvent des faux positifs d’algodystrophie.

En pratique il faut appliquer les critères cliniques de Budapest car ils ont une sensibilité élevée puis dans un deuxième temps une scintigraphie peut être réalisée.

Si les critères cliniques de Budapest ne sont pas présent, c’est qu’il ne s’agit pas d’une algodystrophie.

A l’IRM, il n’existe pas d’image typique d’algodystrophie.
Une scintigraphie normale ou une IRM normale ne permettent pas d’exclure une algodystrophie, un SDRC, Syndrome Douloureux Régional Complexe car il ne s’accompagne pas nécessairement d’une atteinte osseuse profonde.

 

Informations pour les patients atteints de SDRC, Syndrome Douloureux Régional Complexe

Le SDRC ou algodystrophie est une maladie qui n’est pas grave et d’évolution favorable mais la durée est difficile à prévoir.

Cette pathologie est liée à un dysfonctionnement du système de la douleur (système amplificateur) sans lien direct avec le geste chirurgical ou la prise en charge du traumatisme initial

Plusieurs symptômes peuvent être présents

La douleur et la réduction de la mobilité articulaire sont fréquentes.

D’autres symptômes peuvent y être associés : gonflements, température anormale de la zone douloureuse, sudation…

Ces symptômes peuvent entraîner des répercussions sur le sommeil, l’humeur, la concentration…

L’intensité des symptômes peut nécessiter une prise en charge médicale, paramédicale et psychologique

Immobilisation à proscrire, au contraire mobiliser

L’immobilisation est à proscrire, c’est un facteur aggravant de la pathologie.
Il est important au contraire de continuer à mobiliser l’articulation atteinte afin de stimuler le drainage et d’entretenir la mobilité

Examens complémentaires

Il n’existe pas de gold standard

Concernant l’imagerie et les examens complémentaires : ils ne sont pas toujours nécessaires, et sont à discuter avec votre médecin

Prise en charge

La douleur peut être provoquée ou augmentée par les soins de mobilisations. Elle doit rester supportable et ne pas durer au‑delà de quelques heures après le travail articulaire. Cette douleur doit être prise en charge

En même temps que la douleur est prise en charge, il est important de poursuivre les mobilisations et la kinésithérapie

Si les douleurs se modifient, il faut en parler avec les soignants afin que le traitement soit réévalué

La prise en charge médicamenteuse comprend des médicaments antalgiques « classiques » et/ou des médicaments habituellement prescrits dans d’autres pathologies, mais ayant aussi une action antalgique (par exemple : antidépresseurs)

La prise en charge non médicamenteuse est indispensable. Plusieurs techniques peuvent être proposées (kinésithérapie, techniques psychocorporelles, neurostimulation transcutanée…)

En résumé le triptyque pour la prise en charge d’une algodystrophie est le suivant :

  • reprise d’activité, remise en charge, restauration fonctionnelle,
  • traitement ( les diphosphonates peuvent être utilisés mais exclusivement en forme IV, par contre les opioides sont inutiles)
  • prise en charge psychologique.

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