Quels bénéfices attendre des compléments alimentaires pour l’arthrose ?

Des produits à base de plantes médicinales ou autres éléments naturels sont utilisés par voie orale pour traiter les affections liées à l’arthrose. Les détails de leurs mécanismes d’action n’ont pas encore été intégralement explicités mais des interactions avec les médiateurs inflammatoires courants pourraient justifier leur utilisation. Ces traitements sont pour beaucoup une alternative aux traitements classiques car étant naturels, ils présenteraient moins d’effet indésirables.

L’arthrose correspond à une usure prématurée du cartilage
Qu’entend on par compléments alimentaires ?
Exemples de produits naturels qui pourraient soulager l’arthrose 
Efficacité des compléments alimentaires

L’arthrose correspond à une usure prématurée du cartilage

L’arthrose également dénommée ostéoarthrite est une maladie des articulations (atteint couramment les genoux, les hanches, les mains). Lorsque les articulations perdent du cartilage, l’os se développe pour essayer de réparer le dommage. Au lieu d’améliorer les choses, l’os se développe anormalement et empire les choses.
L’os peut par exemple adopter une forme anormale et ainsi rendre l’articulation douloureuse et limiter les mouvements. L’arthrose peut affecter la fonction physique, en particulier la capacité à utiliser ses articulations.

Par exemple, l’arthrose du genou, la gonarthrose, résulte d’une usure prématurée du cartilage de l’articulation du genou et entraîne des difficultés lors de la marche. Le principal facteur de risque de gonarthrose est la surcharge pondérale.
Divers traitements standards sont disponibles pour prendre en charge l’arthrose du genou : la perte de poids est essentielle, mais également l’exercice physique et la physiothérapie, des anti-inflammatoires et anti-douleurs en phase aigue. De nombreux patients recourent également aux compléments alimentaires puisque certains contiennent des anti-inflammatoires naturels.

Qu’entend on par compléments alimentaires ?

Selon l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, les compléments alimentaires sont définis comme : « les denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés… » (Directive 2002/46/CE du Parlement européen, transposée par le décret n°2006-352 du 20 mars 2006).

De nombreux principes actifs naturels sont utilisés depuis des millénaires dans certaines civilisations pour soulager les douleurs articulaires, les inflammations : certains entrent dans la composition des compléments alimentaires pour soulager l’arthrose .

 

Exemples de produits naturels qui pourraient soulager l’arthrose

Ces produits entrent dans la composition de compléments alimentaires. Les détails de leurs mécanismes d’action n’ont pas encore été intégralement explicités mais des interactions avec les médiateurs inflammatoires courants pourraient justifier leur utilisation.

L’Harpagoghytum ( harpagophyton) aussi appelée « Griffe du Diable »

Selon le Vidal, les racines d’harpagophyton contiennent des principes actifs (harpagosides, harpagoquinone et acide cinnamique) qui inhiberaient la synthèse de substances impliquées dans la réaction inflammatoire.
L’harpagophyton est la plante qui a montré le plus grand intérêt dans le traitement des douleurs liées à l’arthrose. Il est également utilisé pour soulager les douleurs lombaires.

Le saule blanc ou la reine-des-prés, également appelées fleurs des abeille

L’écorce de saule blanc contient des tanins, des flavonoïdes et des composés salicylés notamment la salicine qui est transformée en acide salicylique dans l’organisme. L’acide salicylique est le principe actif de l’aspirine, connu pour ses propriétés analgésiques (contre la douleur) et anti-inflammatoire à certaines doses.
Cette substance se retrouve également dans la reine-des-prés (ou spirée).
Le saule blanc et la reine-des-prés aussi appelée « Fleur des abeilles », sont, grâce à l’acide salicylique qui les compose, deux antalgiques végétaux qui permettent également de réduire également d’autre douleurs que l’arthrose : la fièvre, les douleurs dentaires, musculaires, les maux de tête, etc.

Bien sûr il faut respecter les contre-indications qui sont celles de l’aspirine puisque c’est le principe actif.

L’Association de la glucosamine et de la chondroïtine sulfate

La glucosamine est un élément de base à partir duquel le corps fabrique des substances comme, par exemple, la chondroïtine sulfate des cartilages articulaires et l’acide hyaluronique, un constituant du liquide articulaire.

La chondroïtine est une glycosaminoglycane sulfatée apparentée à l’acide hyaluronique, qui est utilisé dans la production de protéoglycanes (combinaison d’une protéine et de glucides) : ces substances permettent aux cartilages d’absorber les chocs.

Pour mémoire, les glycosaminoglycanes sont des composés chimiques qui assurent la structure et l’élasticité d’une grande partie de nos cartilages, de notre peau, de nos tendons et de la paroi de nos artères.
Le sulfate de chondroïtine est un composant de la matrice du cartilage ; il contribue à l’hydratation du cartilage, et donc à sa flexibilité et à son élasticité.

Dans les médicaments et compléments alimentaires la glucosamine est habituellement extraite de la carapace de crustacés tels que crabes ou crevettes, tandis que la chondroïtine sulfate est produite à partir du cartilage d’animaux ou de poissons.

Des études cliniques ont montré une certaine efficacité de la glucosamine dans la prévention de la progression de l’arthrose. Son mécanisme d’action reste mal défini. Elle épaissirait le liquide présent dans les articulations et stimulerait la production de protéoglycanes par les cartilages. La prise simultanée de chondroïtine sulfate pourrait amplifier ces effets.

Les acides gras Omega-3

Dans les années 80 des scientifiques danois ont constaté que les esquimaux présentaient présentaient peu de pathologies articulaires. Ce sont aussi les plus gros consommateurs d’acides gras oméga-3 : l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA, qu’ils trouvent dans le poisson et la chair de phoques.

Les acides gras oméga-3 issus des poissons et l’acide gamma-linolénique (un acide gras oméga-6) sont parfois proposés dans le traitement des maladies inflammatoires comme l’arthrose ou la polyarthrite rhumatoïde.
Il semblerait qu’une alimentation riche en ce type d’acides gras puisse réduire la production, par l’organisme, de certaines substances responsables des symptômes d’inflammation, les prostaglandines inflammatoires.
Ainsi, le cartilage se dégraderait moins rapidement, l’inflammation serait réduite.
Plusieurs études sont en cours de réalisation pour évaluer cette hypothèse.

Le Boswellia serrata

La résine de boswellie est utilisée depuis des millénaires en médecine traditionnelle ayurvédique (Inde) qui lui attribue des propriétés anti-inflammatoires utiles pour le traitement des douleurs rhumatismales, etc et en médecine traditionnelle chinoise également pour traiter entre autres les douleurs rhumatismales.

Le boswellia serrata est une résine d’encens originaire d’Inde. Il renferme des acides boswelliques qui agiraient comme des anti-inflammatoires, c’est à dire directement sur les molécules pro-inflammatoires, responsables de la douleur : les leucotriènes, causes également de dommages oxydatifs.

 

Efficacité des compléments alimentaires

A l’heure de l’Evidence-Based Medicine on doit rechercher dans la littérature si les données avancées sont validées :  on peut se référer à la Cochrane Library, bibliothèque qui comprend plusieurs bases de données, dont l’objectif est de mettre à disposition des informations médicales fiables et actualisées en produisant des revues systématiques de résultats valides et applicables à la pratique médicale courante :

 

Une revue Cochrane est consacrée aux traitements oraux à base de plantes pour le traitement de l’arthrose.
Son objectif est de mettre à jour une précédente revue Cochrane pour évaluer les bénéfices et inconvénients des produits oraux à base de plantes médicinales dans le traitement de l’arthrose.
Revue de 49 études  (sur 33 interventions à base de plantes) qui incluaient 5 980 participants, la plupart avec de l’arthrose du genou ou de la hanche dont les symptômes étaient légers à modérés.

Trente‐trois différents produits à base de plantes médicinales ont été comparés à des groupes témoin traités par placebo ou une intervention active et de nombreuses comparaisons avaient été effectuées dans le cadre d’études isolées ; par conséquent, nous avons limité la documentation des résultats ici aux études multiples des produits à base de Boswellia serrata (une seule plante) et d’insaponifiables d’avocat/soja (IAS) (association de deux plantes).

Il existe des preuves de qualité élevée que chez les personnes atteintes d’ostéoarthrite, Boswellia serrata améliore légèrement la douleur et la fonction. D’autres recherches sont peu susceptibles de modifier les estimations.

Il existe des preuves de qualité modérée que les insaponifiables d’avocat/soja (IAS) améliorent probablement légèrement la douleur et la fonction, mais pourraient ne pas préserver l’espace articulaire. Des recherches supplémentaires sont susceptibles de modifier les estimations.

A propos de l’effet de la glucosamine sur l’ostéoarthrite : l’effet s’avère supérieur au placébo et aucune différence n’a été enregistrée à propos des effets secondaires

 

En conclusion, certains compléments alimentaires pour l’arthrose ont la faveur des patients car ils sont issus des produits de la nature , principalement des plantes. Certains compléments alimentaires présentent des bénéfices pour les patients à la fois au niveau de la douleur et de la fonction de l’articulation car ils contiennent effectivement des principes actifs naturels qui interagissent avec les médiateurs de l’inflammation. Mais bien sûr la présence d’un principe actif impose de respecter des contre-indications comme l’a rappelé l’Anses, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail début 2019.

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