Dépistage du SPVA : syndrome des petites voies aériennes

Chantier du bâtiment-Santé au travail

Les explorations fonctionnelles respiratoires permettent de dépister ce syndrome qui augmente les risques d’intoxication par les gaz, les vapeurs ou les poussières éventuellement présents dans les atmosphères de travail, parce qu’il augmente le temps expiratoire.

Définition du syndrome des petites voies aériennes
Diagnostic d’un syndrome des petites voies aériennes
Syndrome des petites voies aériennes et conditions de travail
Physiopathogénie du syndrome des petites voies aériennes
Causes du syndrome des petites voies aériennes
Evolution du syndrome des petites voies aériennes

 

Définition du syndrome des petites voies aériennes

Le syndrome des petites voies aériennes correspond à une diminution du débit au niveau des petites voies aériennes.
Les volumes et les débits concernant les gros troncs bronchiques sont normaux.
Les spirométries réalisées à l’occasion des visites de santé au travail permettent de le dépister.

Diagnostic d’un syndrome des petites voies aériennes

Il ne donne pas de signes cliniques, seule la spirométrie permet d’en faire le diagnostic.

3 critères doivent être présents simultanément sur la spirométrie pour affirmer un syndrome des petites voies aériennes :

  • abaissement du DEMM, débit expiratoire maximal médian, encore appelé DEM 25-75 ;
  • abaissement du DEM 50, débit expiratoire maximal au point 50 de la CVF, capacité vitale forcée ;
  • abaissement du DEM 25, débit expiratoire maximal au point 25 de la CVF, capacité vitale forcée.

Dans tous les cas l’abaissement doit être de 25% par rapport à la valeur de référence ou la valeur initiale.

Lorsque ce diagnostic est posé, il faut le valider, en contrôlant le test en dehors de toute période de pollens, à distance d’une cigarette, etc.
En effet la première bouffée de fumée de cigarette entraîne un bronchospasme, c’est le muscle lisse péribronchique qui entraine la fermeture de l’alvéole.

Il est important de dépister ce syndrome des petites voies aériennes, car il ne donne aucun signe clinique ;
Chez un fumeur, il évoluera vers une BPCO, broncho-pneumopathie chronique obstructive.

Syndrome des petites voies aériennes et conditions de travail

En cas de syndrome des petites voies aériennes, il y a un allongement du temps expiratoire.
Le sujet met 2 fois plus de temps pour vider ses alvéoles pulmonaires, il y a donc davantage de risques d’intoxication avec des gaz, des vapeurs, des poussières.

Physiopathogénie du syndrome des petites voies aériennes

  • Soit il s’agit d’une pathologie de la bronche avec une réduction du calibre des petites voies aériennes :
    bronchopathie, c’est une atteinte de la broncho motricité, un bronchospasme.
    La première bouffée de fumée de cigarette entraîne un bronchospasme chez le fumeur, c’est le muscle lisse péribronchique qui entraîne la fermeture de l’alvéole.
  • Soit il s’agit d’une pathologie de la péribronche,
    la dilatation de la péribronche est gênée à l’inspiration :
    fibrose interstitielle diffuse, lymphangite, atteinte de la paroi thoracique (plaque pleurale).
    Dans une fibrose interstitielle diffuse, la péribronche est atteinte, en effet l’alvéole est coincée, ne peut pas s’ouvrir.

Causes du syndrome des petites voies aériennes

Tout ce qui produit un bronchospasme, une crise d’asthme, une gêne à la dilatation des petites voies aériennes peut provoquer un SPVA .

  • Antécédents d‘infection dans l’enfance ( rougeole, coqueluche).
  • Dans les 2 mois qui suivent une grippe.
  • Allergie.
  • Le tabacprovoque un syndrome des petites voies aériennes chez le fumeur.
    • Il est réversible dans un premier temps.
    • Il ne faut pas fumer dans l’heure qui précède la réalisation de la spirométrie.
  • Exposition à des polluants.
  • Chez une personne exposée à l’amiante, la présence d’un syndrome des petites voies aérienne doit faire se poser la question d’une éventuelle phase préliminaire de fibrose interstitielle diffuse, FID.
    Néanmoins il existe peu de FID liées à l’amiante car elles sont dose-dépendantes.

Evolution du syndrome des petites voies aériennes

  • Régression : aspect saisonnnier, arrêt du tabac.
  • Stabilisation.
  • Evolution vers un trouble ventilatoire obstructif, TVO, c’est le cas chez le fumeur qui continue à fumer.
  • Risque d’évolution vers une BPCO.
  • Evolution vers un trouble ventilatoire restrictif, TVR.

Dépister un syndrome des petites voies aériennes chez des personnes qui travaillent dans des postes à risques permettra d’éviter l’évolution vers un trouble ventilatoire obstructif.

Informations recueillies en septembre 2008 lors d’une formation destinée à des médecins du travail assurée par :
Docteur Dominique Faucon,
Maître de conférence des Universités – Praticien hospitalier
Service de médecine du travail
CHU de Saint Etienne

 

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