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Dépistage des pathologies professionnelles liées à l'amiante : examens à privilégier
La radiographie pulmonaire est-elle obsolète ? Que le patient soit salarié, artisan, en activité ou retraité, le bilan auquel il est soumis ne sera pas le même, alors que les risques de développer une maladie professionnelle due à lʼamiante peuvent être les mêmes. >> Le dépistage sous sa forme actuelle pour les salariés et les artisans >> Les recommandations officielles >> Ce qui se pratique outre-Atlantique >> La responsabilité du médecin du travail mise en cause >> Références
Lʼamiante a été introduit massivement dans les pays industrialisés à la fin de la Première Guerre mondiale.
Les professions concernées par lʼexposition à lʼamiante ont évolué au fil des décennies. Le dépistage sous sa forme actuelle pour les salariés et les artisansPour les salariés ou anciens salariés du régime général qui ne sont pas en activitéCes personnes, exposées par le passé à l'amiante (inactifs, demandeurs dʼemploi, retraités), bénéficient d'une surveillance dite postprofessionnelle :
Ces examens sont pris en charge à 100 % par le Fonds dʼaction sanitaire et sociale de la Sécurité sociale [1]. Pour une personne exposée à l'amiante, par le passé, ou actuellement, qui est en activitéCes personnes bénéficient d'un examen clinique annuel, d'une radiographie pulmonaire et dʼune spirométrie au moins tous les deux ans, dans le cadre dʼune surveillance médicale renforcée annuelle assurée par le médecin du travail, La prise en charge des examens réglementaires pour la surveillance incombe à l'entreprise qui salarie à l'instant présent l'intéressé. Pour les artisans
Le RSI met actuellement en place une identification des artisans ayant été exposés à lʼamiante afin de leur proposer un bilan dʼexposition et un suivi médical [3]. Seuls sont concernés les artisans récemment retraités et seules certaines régions sont actuellement concernées (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, Nord-Pas-de-Calais, Basse et Haute-Normandie, Picardie). Le médecin traitant réalise un examen clinique et adresse nécessairement l'artisan qui a été exposé à l'amiante au radiologue qui réalise un scanner thoracique sans injection, spiralé multicoupe ( voire monocoupe). Les recommandations officiellesLa Société de pneumologie de langue française (SPLF) a émis ses dernières recommandations pour le dépistage des pathologies liées à lʼamiante en 2006 [5]. Il est surprenant de noter que pour la SPLF "compte-tenu des données actuellement disponibles sur le mésothéliome pleural (fréquence, pronostic, thérapeutique) et des performances (sensibilité, spécificité) des outils de dépistage (imagerie thoracique, marqueurs biologiques) qui peuvent être mis en œuvre, lʼintérêt médical et de santé publique dʼun dépistage nʼest pas à ce jour démontré." La réglementation va donc à l'encontre des données actuelles de la science et l'on doit considérer les dispositions actuelles comme un principe de précaution. Dans le cadre du suivi postprofessionnel des personnes antérieurement exposées à lʼamiante, la SPLF suggère un scanner thoracique initial, encore appelé tomodensitométrie (TDM) thoracique, à partir de lʼâge de 50 ans.
Pour le dépistage du mésothéliome, la radiographie pulmonaire de face, même dans des conditions de lecture standardisées ( codification BIT) est peu sensible pour mettre en évidence un épanchement pleural. Elle manque de sensibilité pour diagnostiquer des formes discrètes de fibrose pulmonaire ou pleurale. Dans ses recommandations de 1999, la SPLF soulignait le caractère irradiant du scanner susceptible de favoriser la survenue de mésothéliome, mais le scanner spiralé (hélicoïdal) désormais disponible délivre une très faible quantité de rayonnement par rapport à un scanner conventionnel. Ce qui se pratique outre-AtlantiqueAux USA, le scanner ne se fait pas en première intention. Au Canada de nombreuses études ont été conduites et plusieurs méthodes de dépistage ont été expérimentées : radiographies pulmonaires, exploration de la fonction ventilatoire pulmonaire, absorption du gallium-67 couplée à lʼimagerie nucléaire, tomographie axiale et lavage broncho-alvéolaire.
La responsabilité du médecin du travail mise en causeActuellement, au plan réglementaire, le dépistage des pathologies liées à lʼamiante chez les salariés comporte une radiographie pulmonaire et une exploration fonctionnelle respiratoire, tandis que chez les artisans récemment partis en retraite un bilan a été mis en place par le RSI qui comporte exclusivement un scanner spiralé. Certains médecins du travail qui assurent le suivi des salariés sʼinquiètent de ce décalage entre les connaissances scientifiques dʼune part et les textes en vigueur dʼautre part. Mais tout est loin d'être simple, car le scanner spiralé ne faisant pas partie des examens prévus réglementairement n'a pas à être pris en charge par l'employeur. Il s'agit d'un véritable problème de santé publique qu'il conviendrait de régler au plus vite par la parution de l'arrêté prévu fixant les instructions techniques que le médecin du travail doit respecter dans le cadre de la surveillance médicale renforcée pour l'amiante. Références
Mise à jour 11 novembre 2008 Voir Aussi :A lire également :
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