20% de la population active travaille en horaires décalés ou de nuit: plusieurs accidents industriels résultant d'erreurs humaines en fin de nuit: Bhopâl, Tchernobyl..., témoignent des perturbations de la vigilance lors du travail de nuit ou en horaires décalés. Outre ces répercussions sur la vigilance ce décalage des horaires de travail entraîne également des répercussions psychologiques, relationnelles et sociales bien démontrées, mais également des maladies cardiovasculaires, des anomalies métaboliques, des troubles digestifs.
>> Organisation du rythme circadien >> Rythmes hormonaux et cycle veille-sommeil >> Conséquences du travail en horaires décalés: désynchronisation des rythmes circadiens >> Synchronisateurs des rythmes circadiens >> Résultats d'études portant sur des salariés qui travaillent en horaires décalés ou de nuit >> Conseils pour aider à maintenir un rythme circadien plus adéquat >> Le travail de nuit posté est cancérogène probable selon le CIRC >> Sites internet intéressants sur le sommeil
Un rythme circadien est un rythme biologique interne d'environ vingt-quatre heures observé dans un organisme soustrait à l'alternance des jours et des nuits
Le rythme circadien n'est pas une simple réponse passive à l'alternance nuit-jour.
Toutes les fonctions physiologiques se font dans une phase la plus favorable possible.
Organisation du rythme circadien:
1997: mise en évidence d'une horloge au niveau du noyau supra-chiasmatique de l'hypothalamus.
Cette horloge joue sur:
Cette horloge a des récepteurs au niveau de la rétine.
Elle est surtout synchronisée par la lumière, mais également la prise alimentaire, l'activité physique...
Le métabolisme énergétique dépend de ce rythme circadien, mais également du sommeil, de l'intéraction de différentes hormones.
Le rythme circadien endogène oscille en fonction du jour et de la nuit mais il persiste même si l'on reste dans le jour durant 24 heures: des expérimentations ont prouvé que le rythme circadien persiste chez le rat, même si on le laisse en permanence à la lumière.
En fait il existe d’autres horloges périphériques dans de nombreux tissus: foie, adipocytes…
Il existe des rythmes hormonaux circadiens prédominants:
Normalement le rythme circadien est synchronisé avec le rythme veille sommeil, ainsi on est prêt à avoir une activité quand on se lève.
Un rythme nycthéméral varie en fonction du jour ou de la nuit:
La leptine est sécrétée par les adipocytes du tissus adipeux viscéral, véritable glande endocrine;
La leptine intervient dans la régulation de la prise alimentaire.
La sécrétion de leptine dépend à la fois du sommeil et de l'alimentation:
Quand on décale le sommeil, il persiste une composante circadienne.
La leptine augmente à distance de la prise alimentaire.
Quand on mange le jour, on augmente encore plus la sécrétion de leptine la nuit.
En conséquence: le glucose augmente avec l'insuline ( lié à l'augmentation de l'hormone de croissance) en fin de nuit:
Une résistance à l'insuline apparaît durant la nuit quand on décale le sommeil.
Important
:
Le travail en horaires décalés ou la nuit provoque un décalage du rythme circadien:
Il en résulte un stress temporel, et des profils hormonaux et métaboliques différents.
Le travail en horaires décalés conduit à une désynchronisation des rythmes circadiens, source de perturbations hormonales et métaboliques qui peuvent expliquer au moins en partie les troubles cliniques.
Tout se passe comme si le rythme circadien des personnes en horaires décalés était dans une phase de compromis entre les impératifs de leur activité nocturne et le maintien, au moins durant le week-end, d'une activité sociale et familiale diurne.
La dette de sommeil pourrait jouer un rôle et souligne les interactions qui existent entre sommeil et nutrition.
La personne est en décalage social par rappport à sa famille, la société, ce qui retentit sur son activité physique, son alimentation.
Il existe différents donneurs de temps:
Des dosages du taux d'homocystéine plasmatique qui reflètent la consommation de légumes ont été réalisés:
Ces taux sont moins élevés chez les personnes qui travaillent la nuit ( résultats ajustés pour l'âge et le statut socio-économique).
Il a été constaté chez les personnes en 3X8:
Etude conduite chez des travailleurs de nuit qui étaient bien adaptés à leur rythme de travail
Certains ont bien une augmentation de mélatonine et baisse de la température.
Le rythme du cortisol a des répercussions sur la TSH, la GH et le glucose:
Le travail de nuit augmente la glycémie en fin de nuit et diminue l’insulino sécrétion;
il résulte de laprivation de sommeil:
Au niveau du comportement alimentaire, la privation de sommeil entraîne une consommation accrue de gras et de sucres., en raison de modifications hormonales mais également en raison de modification du comportement: davantage de temps éveillé, donc davantage de temps pour manger
Une personne fatiguée pratiquera moins d’activité physique.
La privation de sommeil peut donc être facteur d’obésité
Néanmoins dans la littérature on ne trouve pas d'étude probante entre le travail posté et l'obésité.
Important
:
De 20 à 50 % des travailleurs de nuit cesseraient leur activité professionnelle nocturne en raison de problèmes de santé.
De multiples mécanismes interviennent:
Notamment l'inégalité socio-économique qui retentit sur l'alimentation, l'activité physique.
Par ailleurs, le stress social, le travail isolé génèrent un sentiment d'insécurité surtout la nuit qui augmente le risque cardio-vasculaire.
L'activité rythmique est une propriété fondamentale de la matière vivante:
Des variations environnementales sont imposées par la mécanique céleste:
Lumière, température, disponibilité alimentaire.
Pour maintenir un rythme circadien plus adéquat chez les personnes qui travaillent en horaires décalés:
Le travail strictement de nuit est généralement mieux toléré et présente moins d’effets sur la santé que le travail en horaires alternants, à condition que la personne dorme vraiment la journée, ne consomme pas de boissons stimulantes durant le jour, ne prenne pas le rythme de la famille la journée.
Important
:
Récemment le Centre International de Recherche contre le Cancer a reconnu le travail de nuit posté comme cancérogène probable:
La restriction de sommeil est à l’origine d’une insulino résistance et d’altérations de la réponse immunitaire, conséquences de la perturbation de la synthèse de mélatonine.
Suivre le lien suivant pour accéder à ces résultats:
http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParIntranetID/OM:Document:4F9C00500FD36274C12573C9005AAA17/$FILE/visu.html
Suivre le lien suivant:
http://sommeil-mg.net/spip/Sites-sur-le-sommeil
Nouveau
:
Les informations figurant dans cet article ont été recueillies lors du XXII ème symposium de l'ADELRA, Association des Endocrinologues Diabétologues Libéraux de la Région Rhône Alpes, qui s'est déroulé le 7 février 2008 à Lyon
Mise à jour 15 février 2008
http://www.atousante.com