Malvoyance

Nuit

La dégénerescence maculaire liée à l’âge, la rétinite pigmentaire entraînent une baisse de l’acuité visuelle. Si des difficultés apparaissent pour effectuer le travail, l’employeur peut bénéficier d’aides financières pour aménager le poste de travail, acquérir des aides techniques, mettre en place des actions de formation.

Définition de la malvoyance
Maladies qui affectent la vision
Quelles ressources pour une personne malvoyante ?
Vie au domicile
Aides techniques disponibles
Vie professionnelle
Bilan ophtalmologique fonctionnel

L’Inpes a édité un guide destiné aux personnes qui viennent d’être confrontés à la malvoyance : « quand la malvoyance s’installe »

Définition de la malvoyance

Selon l’ Union européenne des aveugles :
« une personne malvoyante est une personne dont la déficience visuelle entraîne une incapacité dans l’exécution d’une ou plusieurs des activités suivantes :

  • lecture et écriture (vision de près) ;
  • activités de la vie quotidienne ( vision à moyenne distance) ;
  • communication ( vision de près et à moyenne distance) ;
  • appréhension de l’espace et déplacements (vision de loin) ;
  • poursuite d’une activité exigeant le maintien prolongé de l’attention visuelle »

Maladies qui affectent la vision

Ces maladies peuvent atteindre la vision centrale, la vision périphérique ou les deux en même temps.

La vision centrale
C’est une vision précise, atteinte dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).
Cette maladie affecte le centre de la rétine, la macula, alors que la vision périphérique reste utilisable.
Ce que la personne atteinte regarde de face tend à disparaître, il apparaît une gêne pour la lecture, les activités de précision, la reconnaissance des visages.

La vision périphérique
C’est la vision qui intervient pour des déplacements, telle est atteinte dans la rétinite pigmentaire.
Le champ visuel se rétrécit, et au bout d’un certain temps la personne voit comme à travers un tube, elle est gênée pour voir ce qui arrive sur le côté. La gêne est plus importante le soir.

A la fois la vision centrale et la vision périphérique
Ce peut être une vision floue, comme en cas de cataracte.
Le cristallin s’opacifie, fait écran à la lumière, la personne atteinte a l’impression d’être dans le brouillard, les couleurs apparaissent ternes, les détails s’estompent.

Ce peut être une vision parsemée de taches comme en cas de glaucome.
L’augmentation de la pression interne de l’oeil détériore progressivement le nerf optique, ce qui provoque une gêne dans les activités quotidiennes et less déplacements.

Ce peut être une vision floue ou parsemée de taches noires comme en cas de rétinopathie diabétique.
La vision est globalement floue, la vision est gênée par les taches noires.

Atteinte de la vision d’origine cérébrale
Des atteintes cérébrales pourront entrainer des déficits visuels localisés.
Le champ de vision est alors partiellement amputé.

Quelles ressources pour une personne malvoyante ?

Quand la victime de déficience visuelle parvient à oublier sa déficience visuelle, elle effectue par instinct des actions qu’elle croyait impossible.
En fait le corps se souvient des gestes et des lieux, les informations données à la mémoire vont peu à peu se développer.
Les informations visuelles reçues sont incomplètes mais utilisables ( contrastes, couleurs, forme), les informations sonores doivent également être utilisées.
Le système nerveux et l’intelligence mobilisent les capacités d’adaptation de chacun.

Les professionnels

La réadaptation en basse vision permet de développer l’ensemble des capacités dans la vie quotidienne et dans la vie professionnelle.
Il existe existe des consultations spécialisées en basse vision.

  • L’ophtalmologiste :
    • il assure le dépistage, le traitement et accompagne dans la démarche d’adaptation
  • L’opticien :
    • il aide à choisir du matériel adapté, aides optiques, lunettes, loupes, téléagrandisseurs, aides techniques, éclairage, pupitre de lecture.
  • Les rééducateurs :
    • l’orthoptiste recherche avec la personne atteinte de déficience visuelle un éclairage adapté aux besoins (maîtrise d’une nouvelle façon de voir, capacité à orienter le regard, contrôle visuel du geste, gestion de la vision fine par des exercices pour la lecture) ;
    • l’ergothérapeute aide à reprendre de l’autonomie, il analyse les tâches et valorise le savoir faire de la personne mal voyante, par l’amélioration de l’éclairage ambiant, l’utilisation des contrastes, le choix d’aides techniques ;
    • l’éducateur,rééducateur en autonomie dans la vie journalière, aide à maîtriser des aides techniques et visuelles préconisées ;
    • l’instructeur de locomotion permet de redonner confiance pour se déplacer de façon autonome à l’intérieur et à l’extérieur du domicile.
  • Le psychologue :
    • parler des difficultés dues à la déficience visuelle permet le plus souvent de diminuer l’angoisse.
  • L ‘assistant social :
    • il conseille sur les droits administratifs, les moyens de financer des aides.

Les aides

Des compensations financières sont disponibles pour acquérir du matériel, rendre un logement acessible, aménager un poste de travail.

Des aides sont disponibles auprès de :

  • la Sécurité sociale,
  • la mutuelle,
  • la commune,
  • le conseil général,
  • les Sameth, Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés,
  • la Maison départementale des personnes handicapées, MDPH,
    • pour les personnes qui ont moins de 60 ans,
    • pour des difficultés sévères il existe la prestation de compensation du handicap, PCH ;
    • La MDPH peut permettre d’obtenir une carte de priorité pour faciliter les déplacements dans les transports en commun, les lieux publics ou une carte d’invalidité, si les difficultés le justifient.
  • au delà de 60 ans c’est le Centre local d’information et de coordination qui renseigne, CLIC, l’allocation personnalisée d’autonomie peut être accordée.

Ces prestations, compensation du handicap, ou allocation personnalisée d’autonomie peuvent être versées quel que soit le lieu de vie de la personne malvoyante : domicile, maison de retraite…

Vie au domicile

Des aménagements peuvent être envisagés : un professionnel ou un centre de rééducation peuvent apporter leur aide pour de tels aménagements.
Amélioration de l’éclairage
Les besoins en lumière sont souvent 2 à 3 fois plus importants pour une personne malvoyante.

  • Adopter un éclairage uniforme dans toute la maison.
  • Une bonne luminosité permet de mieux voir les détails, les contrastes.
  • La lumière du jour peut être éblouissantes, les stores peuvent améliorer le confort.
  • Des professionnels spécialisés dans l’éclairage pourront aider à trouver la solution la plus adaptée ( ampoules incandescentes, fluorescentes, éclairage halogène, lampes à diodes..)

Renforcement des contrastes,
Le contraste c’est la différence de visibilité entre un élément et son fond.
Le contraste peut être amélioré entre deux objets en choisissant des couleurs opposées avec un éclairage approprié.

Mise en place de repères visuels et tactiles
Il est possible de placer un indice tactile doux sur une touche de mise en marche, un indice râpeux sur la touche arrêt d’un appareil.

Aides techniques disponibles

Téléphone
Le chiffre 5 au centre du pavé numérique possède un repère tactile qui permet de localiser les autres chiffres.
Ce repère existe également sur les claviers d’ordinateurs, les distributeurs de billets.
Certains opérateurs de téléphonie travaillent à l’accessibilité de leurs outils et proposent des téléphones portables avec des caractères agrandis.

Pour la lecture
Une rééducation par orthoptiste peut apprendre à utiliser différemment les capacités visuelles

Aides optiques
De nombreuses aides sont disponibles :
loupes, systèmes microscopiques, systèmes télescopiques selon le principe des jumelles, systèmes électroniques ( caméra, système grossissant et écran); systèmes vidéo autonomes, filtres colorés pour les lunettes.

Outils de communication et d’information adaptée
Ordinateur : les couleurs, la taille, l’espacement des caractères peuvent être modifiés.
De même dans le panneau de configuration existent des options d’accessibilité : taille du curseur, inversion des contrastes.
Des logiciels de grossissement de caractères sont également disponibles.

Des logiciels de synthèse vocale peuvent lire le contenu d’un document papier grâce à un scanner.

L’écriture n’est pas gênée par la baisse de la vision, le cerveau garde la mémoire des gestes acquis au cours de la vie.

Vie professionnelle

Lors de la survenue d’une baisse de l’acuité visuelle, si des difficultés apparaissent pour effectuer le travail, l’employeur peut bénéficier d’aides financières pour maintenir un salarié à son poste de travail.

Il est souhaitable de faire une demande de reconnaissance de travailleur handicapé auprès de la MDPH, Maison départementale des personnes handicapées.
C’est la CDAPH, Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées qui décide d’attribuer ou non la qualité de travailleur handicapé.

Les écrans n’abîment pas les yeux : on les utilise même pour stimuler la fonction visuelle grâce à des logiciels spécifiques de réadaptation. La fatigue qui peut être ressentie est facilement compensée par une correction optique adaptée, des larmes artificielles ou selon les cas, de la rééducation orthoptique. De même plus on utilise son capital visuel, moins il s’use. Comme la mémoire, la vision s’améliore avec l’entraînement.

 

Bilan ophtalmologique fonctionnel

Ce bilan ophtalmologique fonctionnel permet de mesurer la vision dynamique et d‘éviter l’inaptitude dans un certain nombre de cas.

Bilan ophtalmologique fonctionnel

 

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