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Jeudi 15 Mai 2008 - Intérêt de la Diphotérine ® dans les brûlures chimiques: avis du centre antipoison de Lyon
De nombreux spécialistes de santé au travail se demandent si la Diphotérine® a fait ses preuves dans les brûlures chimiques et si l'on s'expose à des risques si on l'utilise? Les avis des Samu, centres antipoison, pompiers et médecins du travail sont contradictoires… AtouSante publie la réponse apportée par le Dr François Testud, médecin toxicologue du centre antipoison de Lyon. >> Utilité de la Diphotérine® dans les brûlures chimiques >> Position du problème >> Mode d'action allégué de la Diphotérine® >> La Diphotérine® est un dispositif médical, non un médicament, sa formule est secrète >> Etudes cliniques, données d'évaluation Utilité de la Diphotérine® dans les brûlures chimiquesL’utilité de la Diphotérine®, solution proposée pour la décontamination des brûlures chimiques, est une question récurrente en médecine du travail: Les divergences d’avis proviennent de l’opacité du dossier d’évaluation du produit ainsi que du marketing agressif de la société Prévor qui commercialise la Diphotérine® auprès des entreprises en court-circuitant très souvent le médecin du travail: Position du problèmeDu point de vue scientifique, l’état de la question est le suivant.
En plus de son effet d’entraînement et de dilution, le lavage refroidit la brûlure, ce qui conduit à une moindre libération des médiateurs pro-inflammatoires et à une diminution de l’œdème péri-lésionnel. Toutefois, avec les acides et bases minérales concentrés dont la cytotoxicité est immédiate, un lavage même précoce et bien conduit n’évite pas toujours des brûlures graves. Mode d'action allégué de la Diphotérine®La Diphotérine® est une solution hypertonique à base d’amphotères qui revendique un mode d’action spécifique:
La Diphotérine® est un dispositif médical, non un médicament, sa formule est secrèteBien qu’elle soit destinée à être appliquée sur des tissus humains lésés, elle bénéficie d’un statut administratif de dispositif médical et non de médicament, ce qui dispense le fabricant d’apporter la preuve de son efficacité par des essais cliniques. De plus, sa formule est «secrète»: pour nous médecins, il est difficile de recommander l’administration d’un produit dont on ne connaît pas la composition et donc la pharmacodynamie! Etudes cliniques, données d'évaluationTrès peu d’études cliniques, les seules pertinentes pour juger de l’efficacité de la solution en situation réelle (et non dans une éprouvette de chimiste) ont été réalisées; les informations disponibles émanent toutes du laboratoire fabricant et jusqu’à une date récente, n’étaient pas publiées dans des revues à comité de lecture. Une revue critique des données d’évaluation des solutions de décontamination a été réalisée et publiée en 2005 (Arch Mal Prof Env 2005; 66: 335-340): elle reste parfaitement d’actualité. Cette revue fait une large place à la Diphotérine® et le lecteur y trouvera les arguments -insuffisances méthodologiques et statistiques- qui conduisent à réfuter l’efficacité alléguée du produit. Quant à l’Hexafluorine® du même laboratoire, version «spécialisée» de la Diphotérine® destinée à la décontamination des projections d’acide fluorhydrique, la situation est encore plus simple:
Mise à jour 15 mai 2008 Cet article a été rédigé par le Docteur François Testud, médecin toxicologue hospitalier et médecin du travail, Centre de Toxicovigilance-Centre antipoison, Hospices Civils de Lyon. Voir Aussi :A lire également :
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