Cancer du sein et expositions professionnelles


Depuis plusieurs décennies, on assiste à une augmentation constante des taux d’incidence du cancer du sein dans les pays industrialisés. On suspecte fortement les expositions d’origine professionnelle mais on dispose de peu d’études qui portent sur les facteurs de risque professionnels. En 2013, l’INVS a publié les résultats de 2 études épidémiologiques ( cas témoins)  qui avaient pour objectif d’étudier les risques de cancer du sein à la fois chez les femmes et chez les hommes, en fonction des professions et des expositions professionnelles aux solvants organiques. 

Principaux types histologiques des cancers du sein
Facteurs de risque de cancer du sein
Profession et cancer du sein chez l’homme 
Profession et cancer du sein chez la femme
Exposition aux solvants et cancer du sein

 

Principaux types histologiques des cancers du sein

Principaux types histologiques des cancers du sein chez la femme

  • Carcinomes canalaires : environ 75% des cas
  • Carcinomes lobulaires : environ 12% des cas
  • Carcinomes in situ : 10 % des cancers ( pas d’atteinte de la membrane basale)
  • Carcinomes infiltrants

Principal type histologique du cancer du sein chez l’homme

  • Carcinome canalaire infiltrant

 

Facteurs de risque de cancer du sein

Facteurs de risque du cancer du sein chez la femme

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme, 49 000 cas en France en 2012, 1,3 million à travers le monde : son incidence est expliquée par des facteurs de risque bien établis comme des facteurs hormonaux ou génétiques, mais on suspecte également des facteurs de risques environnementaux ou professionnels.

On identifie plusieurs catégories de facteurs de risque pour le cancer du sein chez la femme.

Facteurs liés à la vie hormonale et reproductive
Les hormones sexuelles endogènes, notamment les oestrogènes ;
le risque augmente si la durée de l’exposition aux oestrogènes augmente. C’est le cas si les premières règles sont précoces, la ménopause est tardive.

La prise de traitements hormonaux substitutifs srutout ceux qui combinent oestrogènes et progestatifs de synthèse, en entraînant une exposition prolongée et accrue aux oestrogènes, augmente le risque de cancer du sein chez la femme.

Par contre le risque de cancer du sein diminue avec l’âge à la première grossesse, la parité, et la durée cumulée de l’allaitement sur l’ensemble des grossesses.

Facteurs anthropométriques
Chez les femmes non ménopausées le surpoids constitue un effet protecteur, mais c’est l’inverse chez les femmes ménopausées.
Le risque est augmenté avec la taille ( peut être en lien avec un moindre apport energétique chez les femmes de petite taille)

Facteurs liés au mode de vie 
La consommation d‘alcool constitue un facteur de risque établi de cancer du sein mais l’association est modeste. L’alcool augmente l’exposition du tissu mammaire aux oestrogènes et induit des dommages sur l’ADN par l’intermédiaire des radicaux libres.

Le lien entre cancer du sein et régime occidental, ou entre cancer du sein et tabac ne sont pas établis ;

L’activité physique intense diminue le risque de cancer du sein.
En 2002, le CIRC a conclu à l’existence d’une évidence suffisante du rôle de l’activité physique dans la prévention du cancer du sein.

Facteurs génétiques :
Les femmes qui ont des antécédents familiaux au premier degré de cancer du sein présentent un risque accru de cancer du sein.
Plusieurs gênes à l’origine d’un risque familial de cancer du sein ont été identifiés, principalement des mutations sur ces gênes BRCA1, BRCA2 et autres mutations rares des gênes TP53, PTEN, ATM, CHEK2

On assiste à une augmentation de l’incidence des cancers du sein en même temps que l’industrialisation dans les pays émergents ( alors que les taux étaient bas) et les femmes qui migrent vers les pays occidentaux à taux d’incidence élevée acquièrent les taux d’incidence du pays d’accueil dès la première génération.
Les expositions d’origine environnementale ou professionnelle sont donc suspectées.

 

Facteurs de risque de cancer du sein chez l’homme

Le Cancer du sein chez l’homme est rare, il représente moins de 1% des cancers du sein, son incidence est inférieure à 1 pour 100 000 en Europe.
Les facteurs de risque de cancer du sein chez l’homme sont très peu connus ( très peu d’études sont disponibles).

Facteurs génétiques
Les hommes qui ont des antécédents familiaux de cancer du sein chez un parent du 1er degré homme ou femme ont un risque augmenté de cancer du sein ( le gêne BRAC2 est le plus souvent associé)

Antécédents de gynécomastie
Des antécédents de gyncomastie sont fortement associés au risque de cancer du sein chez l’homme, la gynécomastie pourrait traduire l’existence d’un taux élevé d’oestrogènes.

Anomalies testiculaires ( cryptorchidie, orchites ourliennes, torsion testiculaire)
Un dysfonctionnement testiculaire en entraînant une déficience de la production d’androgènes peut perturber l’équilibre de la balance oestrogènes androgènes en faveur des oestrogènes.

Identifier les facteurs de risque professionnels est primordial si l’on veut mieux prévenir et surveiller les cancers du sein.

 

Facteurs de risque environnementaux suspectés dans le cancer du sein

Les facteurs de risque classique ne permettent d’expliquer qu’une petite minorité de cas de cancer du senin, on suspecte donc des facteurs environnementaux.
On connaît également des composés chimiques présents dans l’environnement qui sont des cancérogènes mammaires chez l’animal.

L’exposition aux radiations ionisantes est le seul facteur de risque physique reconnu comme facteur de risque de cancer du sein
Le rôle des rayonnements électromagnétiques de très basse fréquence, ELF, Extremely low frequency, a été suspecté mais est loin d’être établi

Le travail de nuit ou le travail posté entraîne des perturbations du rythme circadien et a été classé cancérigène probable par le CIRC ( groupe 2A).

 

Profession et cancer du sein chez l’homme

Cancer du sein chez l’homme : résultat par profession
Les cancers sein chez l’homme sont augmentés chez :

  • les mécaniciens de véhicules à moteur ( qui ont travaillé au moins 10 ans dans cet emploi)
  •  les peintres.
  •  les ouvriers de la première préparation du bois et du papier ( mais sans atteindre le seuil statistique)
  • des hommes qui ont travaillé au moins 10 ans comme plombiers tuyauteurs.

Cancer du sein chez l’homme : résultat par secteur d’activité

Des risques accrus de cancer du sein ont été observés :

  • chez les travailleurs dans la silviculture et l’exploitation forestière,
  • le commerce et la réparation automobile ( pour les hommes qui ont travaillé 10 ans ou plus dans ce secteur),
  • le secteur de la santé,
  • dans l’industrie du caoutchouc et des plastiques (augmentation non significative),
  • chez des hommes qui ont travaillé 10 ans ou plus dans la fabrication de meubles, et dans les activités récréatives, culturelles et sportives.

 

Profession et cancer du sein chez la femme

Depuis la fin des années 70 l’incidence du cancer du sein a augmenté, cette augmentation coincide avec l’accès plus fréquent au travail des femmes.
L’incidence du cancer est plus élevée dans les professions associées à un haut niveau socio-économique ( mais cela est sans doute en lien avec les facteurs tels que première grosses tardive, nombre d’enfants, etc)

Cancer du sein chez la femme : résultats par profession

Cette étude de l’INVS a mis en évidence une augmentation du cancer du sein chez

  • les infirmières et sage-femmes,
  • les enseignantes d’éducation spéciale,
  • les directrices de commerce de gros et de détail,
  • les ouvrières du textile,
  • les ouvrières de la fabrication d’articles en caoutchouc et en matière plastique,
  • les dockers et manutentionnaires,
  • les manoeuvres.

Il n’existe pas de relation dose-effet marqué avec la durée d’emploi.

Chez les infirmière, il y a une exposition possible à des cancérogènes : radiations ionisantes , chimiothérapies et horaires de travail décalés ( puisque les perturbations du rythme circadien peuvent augmenter le risque de cancer).

Par contre dans certaines professions il existe un risque moindre de cancer du sein, chez :

  • les factrices,
  • les serveuses et barmen,
  • les agricultrices, les chefs d’exploitation agricole,
  • les soudeuses.

Cancer du sein chez la femme : résultats par secteur d’activité professionnelle

Les associations observées entre cancer du sein et branche d’activité sont généralement faibles et non significatives, sauf pour les secteur de l’industrie chimique, et de la fabrication d’autres produits minéraux non métalliques ( céramique, béton, pierre) ;

L’INVS note également que des associations entre cancer du sein et les secteurs suivants doivent être signalés :

  • industrie de l’habillement et des fourrures,
  • industrie du caoutchouc et des plastiques,
  • chez des femmes ayant travaillé 10 ans ou plus dans l’industrie automobile.

 

Exposition aux solvants et cancer du sein

Le rôle des expositions professionnelles aux solvants pétroliers ( notamment le benzène) et aux solvants chlorés (notamment le trichloroéthylène) ont été étudiés dans le cancer du sein chez la femme et dans le cancer du sein chez l’homme.
Les expositions aux solvants ont été évaluées grâce à des matrices emplois expositions ( mais on sait qu’il existe des variabilités des expositions au sein d’un même emploi, qui peuvent être source d’erreurs…)

L’étude sur les cancers du sein chez l’homme conforte l’hypothèse d’un lien entre entre exposition professionnelle aux solvants et cancer du sein, malgré l’absence pour le benzène de relation dose-effet nette de l’exposition cumulée vie entière avec la maladie.

Par contre pour les cancers du sein chez la femme, aucune association avec l’exposition professionnelle aux solvants n’a été observée.

Cette étude conduite par l’InVS permet d’attirer l’attention sur certaines professions où le risque de cancer du sein est augmenté. Bien sûr d’autres études sont nécessaires, des outils devraient également être mis en place par exemple un système de surveillance systématique sur l’incidence des cancers professionnels en milieu de travail pour repérer des groupes professionnels qui ont des risques accrus de cancers et mettre en place une surveillance ciblée sur ces groupes à risque.
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